•  

    Dans ce roman empreint d’un mystère inquiétant, les soldats d’une garnison attendent d’un jour à l’autre l’attaque de l’ennemi tartare, qui doit provenir du Nord… Toutes les nuits, de 1933 à 1939, Dino Buzzati reste enfermé dans son bureau, absorbé par un travail plutôt monotone et fatigant ; le temps passe et il se demande s’il en sera toujours ainsi. Une fois son travail au Corriere della Sera achevé, il rentre chez lui, se glisse dans son lit et écrit avec la lenteur propre à son écriture aux formes anguleuses. Le Désert des Tartares est né. Le roman paraît en Italie en 1940, mais il faudra encore attendre neuf ans pour que le public français le découvre.

    Le Désert des Tartares a œuvré à la notoriété de l'auteur et a connu un succès mondial.


    votre commentaire
  •  

    L'ouvrage d'Helen Macdonald, M pour Mabel ,  est à la fois un éloge funèbre, une élégie, une biographie, un mémoire, un manuel de formation, un voyage. C'est une conversation sur la mort, et la communauté. Elle est tellement remplie de passion et de douleur que l'un lit, le souffle coupé, pour voir ce qui va écraser l'autre. Ce livre ne parle qu'en partie d'un faucon, malgré le titre. Il retrace le parcours de l'auteur pendant quelques années, depuis la mort inattendue de son père, en passant par l'achat et la formation d'un faucon, jusqu'à un nouveau lieu de compréhension de ce que sont les humains et de ce dont nous avons besoin pour bien vivre.

     

    L'auteur examine de près la vie et les écrits d'une autre personne vulnérable, T.H. White, pour exprimer son chagrin et une sorte de sympathie pour ses dérèglements. Elle apprend les origines de ses extraordinaires envolées littéraires, retraçant les blessures de son éducation jusqu'à ce que l'on voie clairement les agonies de sa psychopathie confuse. White était un colporteur, mais un colporteur que l'on pourrait citer pour montrer comment ne pas dresser un faucon. Macdonald détestait son livre L'Autour des palombes lorsqu'il était enfant. Lorsqu'elle obtient son propre faucon après la mort de son père, elle le relit.

    Cette fois-ci, elle découvre la douleur de White - voir, sentir, la tracer jusqu'à ce qu'elle soit aussi claire que la sienne.

     

     

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Chamboula de Paul FournelA mi-chemin entre le conte et la satire grinçante, 'Chamboula' est un de ces livres qu'on regretterait de n'avoir pas lu. Son style et sa construction sont d'une maîtrise impressionnante et son propos touche en plein coeur. 'Chamboula', c'est l'histoire du Village Fondamental qui va être chamboulé (donc) par l'arrivée de l'Homme blanc et de sa précieuse modernité. Raconté avec candeur, le délitement de la vie communautaire, du respect des ancêtres et des rôles ancestraux va peu à peu faire place à une société bouleversée, le tout au nom du progrès.

    Mais ce sont bien la corruption et l'individualisme qui se cachent derrière les grands mots, et s'insinuent dans le coeur des habitants. Puis chaque personnage part, à sa façon, et le roman se divise en autant de possibilités de destins, flash-backs et bonds en avant. Pas toujours claire, cette construction a le mérite de pointer les liens de cause à effet et surtout la fatalité, la marche d'un progrès qui, malgré toutes les tentatives, contamine les valeurs.


    Fournel offre un panel de personnages profonds et purs, mais il semblerait que le monde ne se divise finalement qu'en deux camps : les idéalistes et les corrompus. Nul besoin de préciser quel camp va gagner puisque cette société est la nôtre : les traditions sont bafouées, le mysticisme méprisé, les idéalistes exploités et les pourris récompensés. D'une innocence désarmante, et c'est là sa plus grande arme, 'Chamboula' est un livre très dur qui n'accorde aucun pardon à la course à l'enrichissement dans laquelle le monde s'est enfermé.


    votre commentaire
  •  

    Un professeur documentaliste a mis en ligne fin juillet sur son blog la rédaction après-coup de son intervention au dernier congrès de l’ABF. Il se proposait d’interroger le concept de bibliothèque numérique et de livre d'occasion, autour de quatre propositions, à savoir :

    1. Le concept de “bibliothèque numérique” est un composé instable et pour une large part un fantasme. 2. L’utilisateur final veut aujourd’hui avoir affaire au document lui-même (et non à la collection) pour l’intégrer à sa “bibliothèque numérique” personnelle : quid du livre d'occasion à prix réduits ? 3. Tout projet de bibliothèque numérique devrait tenir compte du paysage dans lequel il s’insère et l’inscrire dans une perspective “urbanistique”. 4. Le livre (sur papier, le codex) n’est pas condamné et donc la bibliothèque (comme lieu) n’est pas morte.

    Voici le lien vers la version pdf de cette intervention, et rappelons que l’on peut retrouver divers comptes-rendus, liens, photos, et réflexions autour du congrès sur la page qui lui est consacrée sur Bibliopedia.


    Dans le billet de la semaine dernière La bibliothèque nouvelle, Klog mettait en avant les réflexions ouvertes par une étude dans le cadre du colloque sur La gestion du savoir, qui aura lieu fin octobre, posées en ces termes: «comment les bibliothèques doivent-elles évoluer dans le contexte technologique actuel pour mieux s’adapter aux besoins de leurs utilisateurs?». Il est là aussi question de “bibliothèque hybride” et de la place centrale de l’utilisateur dans le process d'achat de livre d'occasion.


    Et dans le numéro du BBF qui va paraître fin septembre, vous trouverez un compte-rendu de la journée d’étude du 11 mai 2006, que nous évoquions ici et que Vagabondages présentait là, sur "La bibliothèque entre physique et virtuel: objet complexe de sens, objet d'usages complexes" organisée par des chercheurs du groupe de recherche de Paris 8 Documents numériques et usages.

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    Voici un premier roman, plein de nostalgie et de poésie ! Comme l'indique son titre, c'est un bouquet d'instants passés qui nous est présenté, d'instants en général choisis pour avoir été des moments de beauté ou de bonheur.

    Si vous aimez que ça saigne ou que ça hurle, quittez ici. Pas d'expressionnisme ni de violence ; sensibilité et discrétion mènent la danse. Ce n'est peut-être pas dans l'air du temps, mais ça fait du bien. Simple, direct, réservé, pas de vérité définitive, pas de grandes idées rédemptrices.. Un vrai bonheur.

    Bien entendu, cette nostalgie d'un monde plus paisible, plus proche de la terre, renferme aussi sa part d'illusions. Mais c'est un roman ; on a bien le droit de faire comme si..

    A quand le prochain ?


    Editions Publibook (2004) - - 93 pages


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique