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19 Mai 2012, St Yves
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Fier goéland sur les remparts de Saint Malo avec la piscine de Bon Secours en perspective

 

St Malo 2011 - pas peu fier, l'animal

 

de Nathan Cepibryska– été 2012

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Dimanche 13 Mai 2012Poster un commentaire

Marie-Antoinette-Stefan-Zweig"Mais il ne faut pas oublier que l’idée de nation, l’idée de patrie, n’existait pas encore au XVIIIème siècle ; la Révolution française seulement commence à lui donner corps en Europe.[…]  De part eu d’autre il n’est pas question des intérêts du pays, on se bat pour une idée, celle de la dynastie ou celle de la liberté.  Et rien ne caractérise mieux la différence de conception entre l’ancien et le nouveau siècle que ce fait.[…]  On le voit l’idée de patrie et de nation n’est pas encore bien claire en 1791 ; c’est cette guerre seulement qui, en donnant naissance aux armées nationales, à la conscience nationale et par là aux guerre fratricides entre peuples, va créer le patriotisme et le léguer au siècle suivant."

Stefan Zweig in Marie-Antoinette, 1932

 

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Mercredi 09 Mai 2012Poster un commentaire

5 étoiles"Marie-Antoinette n’avait compté pour la politique des Habsbourgs qu’aussi longtemps qu’elle était resté reine de France ; une reine détrônée, une simple femme dans le malheur est complètement indifférente aux ministres, aux généraux, aux empereurs ; la diplomatie ignore la sentimentalité."

Marie-Antoinette-Stefan-ZweigExtraordinaire.  Exceptionnel. Prodigieux.

Stefan Sweig, autrichien, homme du XXème siècle propose aux Français contemporains une biographie d’une qualité proche du génie.  Ce monument doit être lu par tout Français amoureux de l’histoire et de la culture européenne et au-delà des hommes. 

La psychologie créatrice : "La loi suprême de toute psychologie créatrice n’est pas de diviniser, mais de rendre humainement compréhensible ; la tâche qui lui incombe n’est pas d’excuser avec des arguties, mais d’expliquer".

Cette belle écriture subliméecomme d’habitude par son traducteur, que dis-je, son interprète Alzir Hella.

La capacité de distanciationpar rapport aux évènements furent-ils violents, comme dans son Conscience contre violence, “Toujours aux époques de fanatismes l’homme resté humain est complètement seul et impuissant au milieu des zélotes en lutte les uns contre les autres.”

Un travail d’historien rigoureux  écartant toutes les sources litigieuses écrites par ceux qui survécurent à la tourmente et par là-même n’en furent pas.  Un usage mesuré des écrits d’Alex de Fersen éclairant la scène d’une lumière intime.  Cette révolution française sera de nouveau sous le regard de Stefan Sweig lorsqu’il rendra les honneurs à Hölderlin (1770-1843) dans son Combat contre le démon.

1769, Louis XV demande la main de Marie-Antoinette pour son petit-fils.  Cette alliance internationale  sombre avec son mari si nonchalant,  l’un chasse le jour tandis que l’autre passe ses nuits en compagnie douteuse. "Aussi, lorsque Louis XVI deviendra un époux réel, un père de famille, il restera, lui devrait être le maitre de la France, le serviteur docile de Marie-Antoinette, uniquement parce qu’il ne sut pas être à temps son mari."

Son ode au Trianon est prodigieuse. "Trianon restera à jamais le vase le plus gracieux, le plus fin, et cependant imbrisable, de cette délicate floraison. ; ici le raffinement, le culte de la jouissance est devenu un art, s’est totalement incarné en une seule demeure, en une seule image."

Marie-Antoinette est alors dépensière, rococo.  Elle est son époque. "Cette conception frivole de la vie, qui, du point de vue historique, est sans nul doute une faute, toute sa génération l’a partagé : c’est par son entière adhésion à l’esprit de son  époque que Marie-Antoinette est devenue la femme du XVIIIème."

Puis tout bascule. Sweig démonte alors tout à la fois l’hagiographie républicaine et royaliste, les renvoie dos à dos. "Deux partis, deux façons de présenter les faits ; là où s’exprime le parti, la vérité parle rarement."

Le jeu des grandes puissances et de Louis XVIII pendant la Révolution est alors bien différent de nos cours d’histoire tant la Révolution fait partie encore de la naissance de la France républicaine.  "Mais il ne faut pas oublier que l’idée de nation, l’idée de patrie, n’existait pas encore au XVIIIème siècle ; la Révolution française seulement commence à lui donner corps en Europe.[…]  De part eu d’autre il n’est pas question des intérêts du pays, on se bat pour une idée, celle de la dynastie ou celle de la liberté.  Et rien ne caractérise mieux la différence de conception entre l’ancien et le nouveau siècle que ce fait.[…]  On le voit l’idée de patrie et de nation n’est pas encore bien claire en 1791 ; c’est cette guerre seulement qui, en donnant naissance aux armées nationales, à la conscience nationale et par là aux guerre fratricides entre peuples, va créer le patriotisme et le léguer au siècle suivant."

Le rythme du texte accompagnée d’une profondeur d’analyse exceptionnelle décrit ; les jeux politiques de la cour, les intrigues, les pamphlets, les portraits tels que celui de Mirabeau, les tentatives de fuites, Varenne, la classe des possédants dépassés par les forces mises en mouvement, la digne fin de Louis XVI, la Conciergerie, le Temple  et "C’est seulement lorsque le jeu devient grave et que sa couronne lui est enlevée, que Marie-Antoinette acquiert l’âme d’une reine."

Marie-Antoinette, la frivole, la rococo saura alors résister, ne jamais s’abaisser.  "Mais secrète consolation, en face de toute puissance collective, si l’individu est ferme et résolu, il finit presque toujours par être plus fort que n’importe quel système."

Et pour finir Louis XVIII tirera les marrons du feu qui couvera encore trop vivement pour qu’il ne s’y brûle pas :"Le comte de Provence a finalement réussi à accéder ; par-dessus trois millions de cadavres, au trône de France sous le nom de Louis XVIII ; l’homme aux agissements obscurs est enfin parvenu à son but."

Reconnaissant la supériorité de Stefan Sweig, j’ai volontairement utilisé les phrases distillée ici et là.  Ces phrases, ces mots d’une puissance extraordinaire qui démontrent que "le calme est un élément créateur.  Il rassemble, il purifie, il ordonne les forces intérieures."

 

Merci à Antoine à qui je dois cette idée de lecture.

Ecrit en 1932, traduction par Alzir Hella pour Grasset dès 1933.

Livre de poche, 2011, 503 pages, 7,50€

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Mardi 08 Mai 2012Poster un commentaire

Marie-Antoinette-Stefan-Zweig"Le calme est un élément créateur.  Il rassemble, il purifie, il ordonne les forces intérieures."

Stefan Zweig in Marie-Antoinette, 1932

 

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Mardi 08 Mai 20121 commentaire(s)

"Trop d'occupations, une vie frénétique, finissent souvent par endurcir le coeur.[...]  Sans la prière quotidienne, l'activisme nous guette."

 

Benoit XVI, lors de l'audience générale du 25 Avril 2012 à Rome;

 

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Lundi 07 Mai 2012Poster un commentaire

5 étoiles"En eux la bataille avait déjà commencé car l’œil peut endommager un homme plus gravement qu’un sabre ou un bâton.  Une fois que l’œil a opéré la première percée, le sabre ou la bâton pénètre sans effort."

parfaite lumièreMyamoto Musachi (1584-1645) approfondit sa quête spirituelle, la recherche de la Voie du Sabre.  "Il vit la vérité : les techniques de l’homme d’épée n’étaient pas son but ; il cherchait une Voie du Sabre qui embrassât toute chose."

Suite de l’extraordinaire "La Pierre et le Sabre" , La Parfaite Lumière prolonge ce qui est plus qu’un roman d’aventure.  Cette épopée offre un aperçu de l’histoire japonaise et l’image idéalisé que se font d’eux-mêmes les Japonais contemporains.

A l’aube du XVIIème siècle au Japon, le Samouraï, le Lettré et le Moine commencent à céder le pas face aux Marchands, aux faiseurs d’argent. "Et du matin au soir, ils ne parlaient qu’argent, argent. Ou encore travail, travail.  Et ils se croient des être humains !"

 La Voie du Sabre, honneur, recherche spirituelle est certes un acte guerrier mais reste indissociable de la poésie et de la calligraphie."Je dois mettre dans chacun des caractères que je trace l’esprit de l’illumination du Bouddah.  Une seule copie me prend trois jours."

 

Aux jeunes gens de 15 ans et aux adultes questionnant leur existence, donnez "La Pierre et le Sabre" , et laissez les continuer par "La Parfaite Lumière" ; l’excellente traduction de Léo Dilé est cadeau fait aux francophones; cette fresque romanesque possède tous les attributs du genre honneur, batailles, amours impossibles, haines, rédemption ; et par instant des perles de vie, des lumières parfaites éclaireront leurs chemins.

 

 A propos de la Voie et du Sabre du Samouraï

"Le Sabre est l’âme du Samouraï ; il ne le porte qu’afin de maintenir son intégrité.  Pour l’homme qui gouverne d’autres hommes et cherche, ce faisant, à suivre la Voie de la vie, le sabre est une exhortation perpétuelle.  Il n’est que naturel que l’artisan qui polit le sabre doive aussi polir l’esprit de celui le manie."

Être vivant ou le plaisir et la souffrance

"Si tu peux supporter les rigueurs, tu connais un plaisir plus grand que la souffrance.  Jour et nuit, heure après heure, nous sommes ballotés tour à tour par des vagues de souffrances et de plaisir.  Si l’on cherche à n’éprouver que du plaisir, on cesse d‘être vraiment  vivant. Alors le plaisir s’évanouit aussi"

 

Sur les conseils avisés de Lucille et Charles, mon excellent libraire de Versailles, l’heure des mamans, qui a créé un salon de thé / Librairie mêlant dynamisme, amour des livres et partage.

 

Sous le titre original "Musachi", ce roman a été édité chez Fumiko Yoshikawa en 1971, traduit vers l’anglais par Kodanska ltd en 1983, en français par les éditions Balland en 1983.  La première édition chez J’ai lu date de 1986.

Edition de 2011, avec une illustration de première de couverture de Tori Kiyonobu (vers 1758), traduction vers le français de Léo Dilé, 696 pages, 8,90€.

 

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Dimanche 06 Mai 2012Poster un commentaire

4 étoiles"Ces personnages sont venus littéralement envahir mon esprit et me souffler cette histoire qui se déroule en trois temps et beaucoup de mouvement et que tu vas lire, je te le conseille vivement."Enlila Apkallu

enlila interstellaireEn conclusion de ma chronique du premier volume, j’annonçais de façon prémonitoire: "Vous finirez la tête dans les étoiles de l’imaginaire, du possible et de vous-même".

Le plus abouti, le plus déroutant, le plus passionnant des trois romans signe le retour de la Science-Fiction.  "Pourquoi toujours vouloir tout rationaliser, expliquer, démontrer, prouver ?" Trop souvent le genre propose une création d’un ailleurs trop proche de notre monde. Tel n’est pas le cas !  L’imagination de Caroline Maillet envahit votre esprit comme elle a dévoré le sien offrant un monde où aucune règle humaine ne prévaut.

 "Toi, n’analyse plus, contente-toi de te laisser happer dans les dimensions de l’imaginaire où tout va prendre une autre place, moins rassurantes peut-être, mais tellement plus exaltante."

 Au détour des aventures endiablées des personnages tous plus attachants les uns que les autres, le lecteur pourra, comme saisi de paréidolie, percevoir le questionnement sur le hasard ou le réel.  De même la métaphysique de la Vie et la Mort est posée discrètement et essentiellement. 

Bienvenue sur la  Planète Mars accompagné de la Souveraine Cydonia ; voyagez à bord des incroyables spatiobus d’Orion à la sombre Phobos (peur en grec).  Bon voyage dans l’Univers décrit par la plume d’argent de Caroline Maillet/Enlila Apkallu: "Il ne pouvait détacher son regard du prodige affiché dans la transparence de cet écran ouvert sur l’infini de méconnaissance de l’Univers".

Quatrième de couverture :  cliquez ici

 

NDC : La terre est bleue comme une orange de Paul Eluard est tiré de L'Amour la poésie (1929)

 

Volume 1 - Le Roman alimentaire d’Enlila Apkallu

Volume 2 - Le Roman athlétique d’Enlila Apkallu

 

Mon petit éditeur, 2012, 225 pages, 25€,

 

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Mardi 01 Mai 2012Poster un commentaire

5 étoilesIncroyable système d’une complexité inouïe, notre cerveau est très facile à tromper en usant des mécanismes présents originellement pour notre protection.

Le Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens de Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois (PU Grenoble 2002) avait déjà mis en lumière la possibilité d’un détournement des fonctions de protection de notre naïf cerveau.

Un cran plus loin et plus inquiétant les dernières découvertes de la neuroscience sont mise au service des Marchands qui, non content de gouverner le monde, utilisent la télévision et autres médias visuels pour manipuler votre cerveau au-delà de ce que vous pourriez imaginer.

La baisse des résultats scolaires, la perte de l’image de soi (anorexie), la violence, l’obésité infantile, le tabagisme ont un lien causal et non unique avec le temps d’exposition à la télévision.

desmurgetAsseyez-vous confortablement et prenez le temps d’écouter ces 90 minutes de conférence de Michel Desmurget qui, avec un talent certain de conteur et une retenue scientifique, démonte les mécanismes cognitifs utilisés par la Télévision, présente les études et affiche les conséquences mortifères de cet usage.

 


TV Lobotomie - La vérité scientifique sur les... par fsl56-org

 

Michel Desmurget est docteur en neurosciences et directeur de recherche à l'Inserm au Centre de neurosciences Cognitives de Lyon après 8 ans aux États-Unis auprès du MIT, de l'Université Emory ou de l'Université de Californie à San Francisco.

Son dernier ouvrage est TV Lobotomie - la vérité scientifique sur les effets de la télévision, Max Milo, 2011

 

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Vendredi 20 Avril 20121 commentaire(s)

3 étoiles"Nous avons su remplacer les notions de Bien et de Mal par celle du Plaisir et du Déplaisir.  L’Enfer et la Paradis ont été inversés."

trash circusAuteur de roman noir, Joseph Incardona annonce la couleur : "Je suis le fruit de mon époque. Je sais trop bien que tout est déjà parti en couille. Je suis là pour accélérer la chute."

Pénétrons dans les entrailles de ce monde aux valeurs inversées, qui comme la messe médiatique de 20h, nous jette sa vulgarité au visage.  Et c’est à coup de bite, de Porsche, de baise, de fric que l’auteur décrit sa vie vide de sens posant lucidement ce constat désespéré : "Je ne me suffis pas à moi-même."

Comme les accrocs aux jeux vidéos violents, les passionnés de voitures sur écran plasma, les connectés au monde électronique et social, cet homme postmoderne recherche encore le sens, le danger, la vie dans des valeurs tribales, celles des hooligans footeux. "Non tu n’es pas foutu tant qu’il y aura la meute. Le groupe, l’impunité du groupe te rend fort, guerrier, animal, loin des hypocrisies du bureau, des frustrations du quotidien où la peur règne.  La peur de perdre : sa femme, ses enfants, son emploi, ses privilèges, son statut, sa dignité. Ce monde qu’il juge "femelle"."

Bravo à l’écrivain et à l’éditeur : L’écriture, le style, le vocabulaire sont à la hauteur de l’objectif : Accélérer la chute de l’Occident, révéler la vérité sur ce monde femelle et trouillard où les révolutionnaires demandent au Pouvoir la permission de défiler et le Peuple de s’esbaudir de leur courage.

Honte à l’écrivain et à l’éditeur : La littérature doit emporter l’homme au-delà des ses besoins reptiliens.  Platon constate que l’envie de pisser prime sur la pensée.  L’allégorie de la caverne ne devient pas pour autant une Idée de partouze.

L’homme ne se suffit pas à lui-même car il n’est pas la mesure du monde.

Deux autres critiques : négative par Sharon et positive par Bibliomanu

·         Le blog de sharon

·         Bibliomanu

Parigramme, Collection Noir 7.5, 2012, 220 pages, 14€

mass critiqueLecture en partenariat avec BABELIO

 

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Jeudi 19 Avril 2012Poster un commentaire

2 étoilesUne photo d’identité de la police en noir et blanc : face et profil, deux yeux au beurre noir, les lèvres fendues et enflées de celui qui vient de faire des aveux spontanés.

traitre goutMalgré un début intéressant, je dois dire qu’il s’agit d’un des romans les plus faibles de John Le Carré. Cela est d’autant plus dommage que le thème est présent et le travail de documentation aussi. Mais l’auteur se perd dans sa construction au point que je serai porté à penser qu’’un nègre a tenté d’imiter le style de Le Carré et s’y est perdu.

Un John Le Carré en pleine forme, plume en main, aurait sous couvert d’un thriller haletant, dénoncé de la City à Bogota, de New-York à Moscou, ces milliards de l’économie illégale recyclés dans l’économie dite légale.

Ne sont-elles pas semblables et ne reposent-elles pas en fait sur les mêmes commerces : ceux de l’esclavage, de la drogue et des armes ?  

Dommage, saluons tout de même en Hector l’image de John Le Carré, ce vieux combattant luttant encore pour l’Empire Britannique abandonné par ses élites vendues au pouvoir et à l’argent.

 

Editions du Seuil, collection Points 2011, titre original Our kind of traitor, paru chez Penguin en 2010, traduction d’Isabelle Perrin, 445 pages au format poche.

 

Merci de la lecture offerte par un partenariat avec Babeliomass critique

 

 

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Dimanche 15 Avril 20121 commentaire(s)

mona ozouf"A quoi sert d’être cultivé ? A habiter des époques révolues5 étoiles et des villes où l’on n’a jamais mis les pieds.  A vivre les tragédies qui vous ont épargnées, mais aussi les bonheurs auxquels vous n’avez pas eu le droit.  A parcourir tout le clavier des émotions humaines, à vous éprendre et vous déprendre.  A vous procurer la baguette magique de l’ubiquité.  Plus que tout, à vous consoler de n’avoir qu’une vie à vivre.  Avec, peut-être, cette chance supplémentaire de devenir un peu moins bête, et en tout cas un peu moins sommaire."

"Les ennemis de la lecture, dans notre monde, sont, de manière beaucoup plus massive et profonde, la difficulté de se procurer, dans notre société, les biens qui sont indispensables à la lecture: le silence, la solitude et, de façon provocante, j'aurais envie d'ajouter l'ennui.

Mona Ozouf, historienne et auteur de la Cause des Livre (Gallimard)

 

Merci à Lecturissime et retrouvez son très beau blog ici : http://lecturissime.over-blog.com/

  

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Samedi 31 Mars 20121 commentaire(s)

5 étoilesLe langage ou l’imagination : quel est le propre de l’homme ?

davosIl fut un temps où Davos, dans les montagnes suisses, était connu pour autre chose que son Forum accueillant tous les mois de janvier, les « puissants » de ce monde.

En 1929, à Davos, a eu lieu une confrontation philosophique épique entre Ernst Cassirer et Martin Heidegger. L’enjeu de la rencontre ne portait pas sur l’état du monde, mais il fut question de Kant, de métaphysique, du langage et le l’imagination. Le débat entre Cassirer et Heidegger portait au fond sur la nature de la pensée et le propre de l’homme.

·         La pensée est-elle réductible au langage et à ses « formes symboliques » comme le pense Cassirer ?

·         Est-elle plutôt ancrée dans l’image et la perception du temps, comme le pense Heidegger  ?

·         Le langage ou l’imagination : quel est le propre de l’homme ?

Voilà la question qui fut posée à Davos.

 

Vous êtes intéressé ? Cliquez tout de suite ICIet lisez l’excellent article proposé par Jean-François Dortier.

 

Lectori salutem, Pikkendorff

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Jeudi 09 Février 2012Poster un commentaire

Bonsoir aux lecteurs inconnus,

 

Voici réunies les soixante-quinze chroniques de cette années avec toujours ce classement de une à cinq étoiles considérant l'oeuvre dans son genre.

Merci à mes amis, connaissance, mes libraires (Les guetteurs du vent Paris XVII) et l'Heure des Mamans (Versailles), les chroniqueurs de Valeurs Actuelles et les copines de la blogosphère qui m'ont ouvert des portes sur des mondes inconnus.

 

 

 

 

5 étoiles  Le livre changera ma vie ou ma vision du monde.

4 étoiles  Magnifique, excellent (dans son genre)

3 étoiles  Du bel ouvrage

2 étoiles  Des longueurs, des approximations, un manque de talent, de travail ou d'accompagnement

1 étoile  Soit mauvais sur le plan littéraire volontairement ou non, soit sur le plan moral.

 

 

Lectori salutem, Pikkendorff alias Patrick Chabannes

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Vendredi 30 Décembre 20111 commentaire(s)

4 étoiles"Bernie, nous avons en ce moment deux affaires très délicates sur les bras, et tu veux fourrer ton nez dans les deux. Je vais finir par me faire du souci pour toi."

trilogie berlinoiseAvec une prise de recul réussie et, au combien, difficile, Philippe Kerr, par le truchement de son détective privé, Bernhard Gunther, Bernie, ex-Kripo (KriminalPolizei), nous entraîne au beau milieu de trois enquêtes à trois moments au sein de trois époques de l’Allemagne. Ce procédé n’est bien sûr pas nouveau ; Philippe Kerr évite le piège de l'anachronisme tant il est trop souvent si simple et réducteur de se servir des grilles de lecture contemporaines; il développe un regard intéressant centré sur l’Allemagne et d’excellentes enquêtes dignes des meilleurs polars.

Berlin, 1936, les jeux Olympiques et les violettes de Mars (titre original : March Violets), nouveaux adhérents du parti nazi volant au secours de la victoire de 33 donnent le ton. Au milieu la montée vers la guerre, Bernie enquête sur le meurtre de plusieurs jeunes femmes. Le voilà au milieu des luttes intestines entre hiérarques du Parti national socialiste des travailleurs allemands (NSDAP).  Philippe Kerr reste centré sur le polar servant ainsi habilement l’Histoire. Herr Gunther se joue, sans éviter totalement les bosses, des jeux de puissance sous la menace permanente du KZ (Konzentrationslager) ou plus simplement de l’accident bête (enfin bêtement mortel).

Berlin, 1938. Obligé de réintégrer la Kripo, Herr Gunther est aux prises avec les plus féroces requins qui rodent aux abords : Goering, Heydrich, Himmler ou Streicher. Il lui faudra toute son habileté et une chance de cocu pour rester en vie.

Berlin puis Vienne en 1947.  Herr Gunther, le prussien, le pifke, se rend à Vienne où se joue la fin de la partie. Les personnages des 2 premiers tomes se retrouvent lors de la dénazification menée par le Crowcass lorsque tour à tour un ancien dignitaire était coopté dans les services secrets ou pendu haut et court. La Guerre Froide a commencé avant que les comptes ne soient réglés. Et voilà notre Herr Gunther enquêtant à la demande d’un officier supérieur russe sur l’assassinat d’un officier américain par un allemand à Vienne en Autriche. Le contexte est posé. Philippe Kerr nous étonnera de nouveau par son talent de raconteur d’histoire et l’équilibre de son jugement des hommes.

En bon Britannique, Philippe Kerr ne manquera pas de rappeler que la France pour faire partie du cortège des vainqueurs n’en avait pas moins perdu la Guerre que nous avions contribué à créer entre autres.

L’auteur, Philippe Kerr, a composé sa Trilogie Berlinoise (Berlin noir) de : L’été de cristal (March violets), La pâle figure (The pale criminel) et Un requiem allemand (A German requiem). Cette trilogie est parue en 1989, 90 et 91 sous le titre original Berlin noir chez Penguin Books a été publié par Le Masque avec une traduction de Gilles Berton en 2008 et révisée en 2009.

 

Lire l'excellente chronique de Mazel : cliquez ici

 

Edition du masque,24€, 2008, 836 pages.

 

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Vendredi 30 Décembre 20112 commentaire(s)

5 étoiles"Est-ce qu’il ne vaut pas mieux vivre vivant que vivre mort ?"

limonov renaudot"Je commence ce livre pour l’apprendre."  Parti comme un explorateur, Emmanuel Carrère et le lecteur sont absorbés par le sujet, notre Histoire, et nos mains insensiblement se referment sur l’ouvrage que le cœur ne peut refermer.

Œuvre d’historien, de journaliste et d’homme, il aura fallu à Emmanuel Carrère plus que son talent pour venir à bout d’une telle rencontre devenue en chemin une aventure personnelle avec au bout un livre offert en cadeau aux générations d’hier et d’aujourd’hui. Cadeau inclassable comme son auteur et son sujet.

"Limonov, lui, a été voyou en Ukraine ; idole de l’undergound soviétique ; clochard, puis valet de chambre à Manhattan ; écrivain à la mode à Paris ; soldat perdu dans les Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme, vieux chef charismatique d’un parti de jeune desperados.  Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud ; je suspends sur ce point mon jugement."

 

De sa rencontre avec cette légende vivante sortie de Lefortovo sans avoir jamais plié, Emmanuel Carrère, repoussant les préjugés de l’intelligentsia française, parcourt avec sensibilité notre histoire à tous depuis la fin de la seconde guerre mondiale : L’Empire communiste, les bandits et les poètes, les samizdat qui ont vu passer tout ce qui était vivant de Boulgakov à Platonov ; 1962 et la parution d’une journée ordinaire d’un détenu ordinaire dans un camp ordinaire, Krouchtchev a fait naître à la lumière cet ancien zek, Soljenitsyne ; Août 1968, le Printemps de Prague et les huit manifestants sur la Place rouge, Gorby et la Glastnost ; l’effondrement et l’éclatement de l’Empire avec les Yougoslavie, Roumanie, Serbie ; Et puis Poutine… 

"Celui qui veut restaurer le communisme n’a pas de tête.  Celui qui ne le regrette pas n’a pas de cœur."Vladimir Poutine.

Bravo au Jury du Renaudot 2011.

Merci à P.O.L d’avoir édité un tel pari et retrouvez les critiques de Bernard Pivot, de Yasmina Reza, Jérôme Garcin, Christophe One-dit-Biot, JC Buisson, Eleonore Sulser et Sandrine Audrerie encliquant ici.

Retrouver la chronique du livre d’Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne, en cliquant ici.

P.O.L Editeur, 2011, 490 pages, 20€

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Mercredi 28 Décembre 2011Poster un commentaire