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5 étoiles"Marie-Antoinette n’avait compté pour la politique des Habsbourgs qu’aussi longtemps qu’elle était resté reine de France ; une reine détrônée, une simple femme dans le malheur est complètement indifférente aux ministres, aux généraux, aux empereurs ; la diplomatie ignore la sentimentalité."

Marie-Antoinette-Stefan-ZweigExtraordinaire.  Exceptionnel. Prodigieux.

Stefan Sweig, autrichien, homme du XXème siècle propose aux Français contemporains une biographie d’une qualité proche du génie.  Ce monument doit être lu par tout Français amoureux de l’histoire et de la culture européenne et au-delà des hommes. 

La psychologie créatrice : "La loi suprême de toute psychologie créatrice n’est pas de diviniser, mais de rendre humainement compréhensible ; la tâche qui lui incombe n’est pas d’excuser avec des arguties, mais d’expliquer".

Cette belle écriture subliméecomme d’habitude par son traducteur, que dis-je, son interprète Alzir Hella.

La capacité de distanciationpar rapport aux évènements furent-ils violents, comme dans son Conscience contre violence, “Toujours aux époques de fanatismes l’homme resté humain est complètement seul et impuissant au milieu des zélotes en lutte les uns contre les autres.”

Un travail d’historien rigoureux  écartant toutes les sources litigieuses écrites par ceux qui survécurent à la tourmente et par là-même n’en furent pas.  Un usage mesuré des écrits d’Alex de Fersen éclairant la scène d’une lumière intime.  Cette révolution française sera de nouveau sous le regard de Stefan Sweig lorsqu’il rendra les honneurs à Hölderlin (1770-1843) dans son Combat contre le démon.

1769, Louis XV demande la main de Marie-Antoinette pour son petit-fils.  Cette alliance internationale  sombre avec son mari si nonchalant,  l’un chasse le jour tandis que l’autre passe ses nuits en compagnie douteuse. "Aussi, lorsque Louis XVI deviendra un époux réel, un père de famille, il restera, lui devrait être le maitre de la France, le serviteur docile de Marie-Antoinette, uniquement parce qu’il ne sut pas être à temps son mari."

Son ode au Trianon est prodigieuse. "Trianon restera à jamais le vase le plus gracieux, le plus fin, et cependant imbrisable, de cette délicate floraison. ; ici le raffinement, le culte de la jouissance est devenu un art, s’est totalement incarné en une seule demeure, en une seule image."

Marie-Antoinette est alors dépensière, rococo.  Elle est son époque. "Cette conception frivole de la vie, qui, du point de vue historique, est sans nul doute une faute, toute sa génération l’a partagé : c’est par son entière adhésion à l’esprit de son  époque que Marie-Antoinette est devenue la femme du XVIIIème."

Puis tout bascule. Sweig démonte alors tout à la fois l’hagiographie républicaine et royaliste, les renvoie dos à dos. "Deux partis, deux façons de présenter les faits ; là où s’exprime le parti, la vérité parle rarement."

Le jeu des grandes puissances et de Louis XVIII pendant la Révolution est alors bien différent de nos cours d’histoire tant la Révolution fait partie encore de la naissance de la France républicaine.  "Mais il ne faut pas oublier que l’idée de nation, l’idée de patrie, n’existait pas encore au XVIIIème siècle ; la Révolution française seulement commence à lui donner corps en Europe.[…]  De part eu d’autre il n’est pas question des intérêts du pays, on se bat pour une idée, celle de la dynastie ou celle de la liberté.  Et rien ne caractérise mieux la différence de conception entre l’ancien et le nouveau siècle que ce fait.[…]  On le voit l’idée de patrie et de nation n’est pas encore bien claire en 1791 ; c’est cette guerre seulement qui, en donnant naissance aux armées nationales, à la conscience nationale et par là aux guerre fratricides entre peuples, va créer le patriotisme et le léguer au siècle suivant."

Le rythme du texte accompagnée d’une profondeur d’analyse exceptionnelle décrit ; les jeux politiques de la cour, les intrigues, les pamphlets, les portraits tels que celui de Mirabeau, les tentatives de fuites, Varenne, la classe des possédants dépassés par les forces mises en mouvement, la digne fin de Louis XVI, la Conciergerie, le Temple  et "C’est seulement lorsque le jeu devient grave et que sa couronne lui est enlevée, que Marie-Antoinette acquiert l’âme d’une reine."

Marie-Antoinette, la frivole, la rococo saura alors résister, ne jamais s’abaisser.  "Mais secrète consolation, en face de toute puissance collective, si l’individu est ferme et résolu, il finit presque toujours par être plus fort que n’importe quel système."

Et pour finir Louis XVIII tirera les marrons du feu qui couvera encore trop vivement pour qu’il ne s’y brûle pas :"Le comte de Provence a finalement réussi à accéder ; par-dessus trois millions de cadavres, au trône de France sous le nom de Louis XVIII ; l’homme aux agissements obscurs est enfin parvenu à son but."

Reconnaissant la supériorité de Stefan Sweig, j’ai volontairement utilisé les phrases distillée ici et là.  Ces phrases, ces mots d’une puissance extraordinaire qui démontrent que "le calme est un élément créateur.  Il rassemble, il purifie, il ordonne les forces intérieures."

 

Merci à Antoine à qui je dois cette idée de lecture.

Ecrit en 1932, traduction par Alzir Hella pour Grasset dès 1933.

Livre de poche, 2011, 503 pages, 7,50€

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Mardi 08 Mai 2012Poster un commentaire

5 étoiles"En eux la bataille avait déjà commencé car l’œil peut endommager un homme plus gravement qu’un sabre ou un bâton.  Une fois que l’œil a opéré la première percée, le sabre ou la bâton pénètre sans effort."

parfaite lumièreMyamoto Musachi (1584-1645) approfondit sa quête spirituelle, la recherche de la Voie du Sabre.  "Il vit la vérité : les techniques de l’homme d’épée n’étaient pas son but ; il cherchait une Voie du Sabre qui embrassât toute chose."

Suite de l’extraordinaire "La Pierre et le Sabre" , La Parfaite Lumière prolonge ce qui est plus qu’un roman d’aventure.  Cette épopée offre un aperçu de l’histoire japonaise et l’image idéalisé que se font d’eux-mêmes les Japonais contemporains.

A l’aube du XVIIème siècle au Japon, le Samouraï, le Lettré et le Moine commencent à céder le pas face aux Marchands, aux faiseurs d’argent. "Et du matin au soir, ils ne parlaient qu’argent, argent. Ou encore travail, travail.  Et ils se croient des être humains !"

 La Voie du Sabre, honneur, recherche spirituelle est certes un acte guerrier mais reste indissociable de la poésie et de la calligraphie."Je dois mettre dans chacun des caractères que je trace l’esprit de l’illumination du Bouddah.  Une seule copie me prend trois jours."

 

Aux jeunes gens de 15 ans et aux adultes questionnant leur existence, donnez "La Pierre et le Sabre" , et laissez les continuer par "La Parfaite Lumière" ; l’excellente traduction de Léo Dilé est cadeau fait aux francophones; cette fresque romanesque possède tous les attributs du genre honneur, batailles, amours impossibles, haines, rédemption ; et par instant des perles de vie, des lumières parfaites éclaireront leurs chemins.

 

 A propos de la Voie et du Sabre du Samouraï

"Le Sabre est l’âme du Samouraï ; il ne le porte qu’afin de maintenir son intégrité.  Pour l’homme qui gouverne d’autres hommes et cherche, ce faisant, à suivre la Voie de la vie, le sabre est une exhortation perpétuelle.  Il n’est que naturel que l’artisan qui polit le sabre doive aussi polir l’esprit de celui le manie."

Être vivant ou le plaisir et la souffrance

"Si tu peux supporter les rigueurs, tu connais un plaisir plus grand que la souffrance.  Jour et nuit, heure après heure, nous sommes ballotés tour à tour par des vagues de souffrances et de plaisir.  Si l’on cherche à n’éprouver que du plaisir, on cesse d‘être vraiment  vivant. Alors le plaisir s’évanouit aussi"

 

Sur les conseils avisés de Lucille et Charles, mon excellent libraire de Versailles, l’heure des mamans, qui a créé un salon de thé / Librairie mêlant dynamisme, amour des livres et partage.

 

Sous le titre original "Musachi", ce roman a été édité chez Fumiko Yoshikawa en 1971, traduit vers l’anglais par Kodanska ltd en 1983, en français par les éditions Balland en 1983.  La première édition chez J’ai lu date de 1986.

Edition de 2011, avec une illustration de première de couverture de Tori Kiyonobu (vers 1758), traduction vers le français de Léo Dilé, 696 pages, 8,90€.

 

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Dimanche 06 Mai 2012Poster un commentaire

4 étoiles"Ces personnages sont venus littéralement envahir mon esprit et me souffler cette histoire qui se déroule en trois temps et beaucoup de mouvement et que tu vas lire, je te le conseille vivement."Enlila Apkallu

enlila interstellaireEn conclusion de ma chronique du premier volume, j’annonçais de façon prémonitoire: "Vous finirez la tête dans les étoiles de l’imaginaire, du possible et de vous-même".

Le plus abouti, le plus déroutant, le plus passionnant des trois romans signe le retour de la Science-Fiction.  "Pourquoi toujours vouloir tout rationaliser, expliquer, démontrer, prouver ?" Trop souvent le genre propose une création d’un ailleurs trop proche de notre monde. Tel n’est pas le cas !  L’imagination de Caroline Maillet envahit votre esprit comme elle a dévoré le sien offrant un monde où aucune règle humaine ne prévaut.

 "Toi, n’analyse plus, contente-toi de te laisser happer dans les dimensions de l’imaginaire où tout va prendre une autre place, moins rassurantes peut-être, mais tellement plus exaltante."

 Au détour des aventures endiablées des personnages tous plus attachants les uns que les autres, le lecteur pourra, comme saisi de paréidolie, percevoir le questionnement sur le hasard ou le réel.  De même la métaphysique de la Vie et la Mort est posée discrètement et essentiellement. 

Bienvenue sur la  Planète Mars accompagné de la Souveraine Cydonia ; voyagez à bord des incroyables spatiobus d’Orion à la sombre Phobos (peur en grec).  Bon voyage dans l’Univers décrit par la plume d’argent de Caroline Maillet/Enlila Apkallu: "Il ne pouvait détacher son regard du prodige affiché dans la transparence de cet écran ouvert sur l’infini de méconnaissance de l’Univers".

Quatrième de couverture :  cliquez ici

 

NDC : La terre est bleue comme une orange de Paul Eluard est tiré de L'Amour la poésie (1929)

 

Volume 1 - Le Roman alimentaire d’Enlila Apkallu

Volume 2 - Le Roman athlétique d’Enlila Apkallu

 

Mon petit éditeur, 2012, 225 pages, 25€,

 

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Mardi 01 Mai 2012Poster un commentaire

3 étoiles"Nous avons su remplacer les notions de Bien et de Mal par celle du Plaisir et du Déplaisir.  L’Enfer et la Paradis ont été inversés."

trash circusAuteur de roman noir, Joseph Incardona annonce la couleur : "Je suis le fruit de mon époque. Je sais trop bien que tout est déjà parti en couille. Je suis là pour accélérer la chute."

Pénétrons dans les entrailles de ce monde aux valeurs inversées, qui comme la messe médiatique de 20h, nous jette sa vulgarité au visage.  Et c’est à coup de bite, de Porsche, de baise, de fric que l’auteur décrit sa vie vide de sens posant lucidement ce constat désespéré : "Je ne me suffis pas à moi-même."

Comme les accrocs aux jeux vidéos violents, les passionnés de voitures sur écran plasma, les connectés au monde électronique et social, cet homme postmoderne recherche encore le sens, le danger, la vie dans des valeurs tribales, celles des hooligans footeux. "Non tu n’es pas foutu tant qu’il y aura la meute. Le groupe, l’impunité du groupe te rend fort, guerrier, animal, loin des hypocrisies du bureau, des frustrations du quotidien où la peur règne.  La peur de perdre : sa femme, ses enfants, son emploi, ses privilèges, son statut, sa dignité. Ce monde qu’il juge "femelle"."

Bravo à l’écrivain et à l’éditeur : L’écriture, le style, le vocabulaire sont à la hauteur de l’objectif : Accélérer la chute de l’Occident, révéler la vérité sur ce monde femelle et trouillard où les révolutionnaires demandent au Pouvoir la permission de défiler et le Peuple de s’esbaudir de leur courage.

Honte à l’écrivain et à l’éditeur : La littérature doit emporter l’homme au-delà des ses besoins reptiliens.  Platon constate que l’envie de pisser prime sur la pensée.  L’allégorie de la caverne ne devient pas pour autant une Idée de partouze.

L’homme ne se suffit pas à lui-même car il n’est pas la mesure du monde.

Deux autres critiques : négative par Sharon et positive par Bibliomanu

·         Le blog de sharon

·         Bibliomanu

Parigramme, Collection Noir 7.5, 2012, 220 pages, 14€

mass critiqueLecture en partenariat avec BABELIO

 

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Jeudi 19 Avril 2012Poster un commentaire

2 étoilesUne photo d’identité de la police en noir et blanc : face et profil, deux yeux au beurre noir, les lèvres fendues et enflées de celui qui vient de faire des aveux spontanés.

traitre goutMalgré un début intéressant, je dois dire qu’il s’agit d’un des romans les plus faibles de John Le Carré. Cela est d’autant plus dommage que le thème est présent et le travail de documentation aussi. Mais l’auteur se perd dans sa construction au point que je serai porté à penser qu’’un nègre a tenté d’imiter le style de Le Carré et s’y est perdu.

Un John Le Carré en pleine forme, plume en main, aurait sous couvert d’un thriller haletant, dénoncé de la City à Bogota, de New-York à Moscou, ces milliards de l’économie illégale recyclés dans l’économie dite légale.

Ne sont-elles pas semblables et ne reposent-elles pas en fait sur les mêmes commerces : ceux de l’esclavage, de la drogue et des armes ?  

Dommage, saluons tout de même en Hector l’image de John Le Carré, ce vieux combattant luttant encore pour l’Empire Britannique abandonné par ses élites vendues au pouvoir et à l’argent.

 

Editions du Seuil, collection Points 2011, titre original Our kind of traitor, paru chez Penguin en 2010, traduction d’Isabelle Perrin, 445 pages au format poche.

 

Merci de la lecture offerte par un partenariat avec Babeliomass critique

 

 

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Dimanche 15 Avril 20121 commentaire(s)

Bonsoir aux lecteurs inconnus,

 

Voici réunies les soixante-quinze chroniques de cette années avec toujours ce classement de une à cinq étoiles considérant l'oeuvre dans son genre.

Merci à mes amis, connaissance, mes libraires (Les guetteurs du vent Paris XVII) et l'Heure des Mamans (Versailles), les chroniqueurs de Valeurs Actuelles et les copines de la blogosphère qui m'ont ouvert des portes sur des mondes inconnus.

 

 

 

 

5 étoiles  Le livre changera ma vie ou ma vision du monde.

4 étoiles  Magnifique, excellent (dans son genre)

3 étoiles  Du bel ouvrage

2 étoiles  Des longueurs, des approximations, un manque de talent, de travail ou d'accompagnement

1 étoile  Soit mauvais sur le plan littéraire volontairement ou non, soit sur le plan moral.

 

 

Lectori salutem, Pikkendorff alias Patrick Chabannes

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Vendredi 30 Décembre 20111 commentaire(s)

4 étoiles"Bernie, nous avons en ce moment deux affaires très délicates sur les bras, et tu veux fourrer ton nez dans les deux. Je vais finir par me faire du souci pour toi."

trilogie berlinoiseAvec une prise de recul réussie et, au combien, difficile, Philippe Kerr, par le truchement de son détective privé, Bernhard Gunther, Bernie, ex-Kripo (KriminalPolizei), nous entraîne au beau milieu de trois enquêtes à trois moments au sein de trois époques de l’Allemagne. Ce procédé n’est bien sûr pas nouveau ; Philippe Kerr évite le piège de l'anachronisme tant il est trop souvent si simple et réducteur de se servir des grilles de lecture contemporaines; il développe un regard intéressant centré sur l’Allemagne et d’excellentes enquêtes dignes des meilleurs polars.

Berlin, 1936, les jeux Olympiques et les violettes de Mars (titre original : March Violets), nouveaux adhérents du parti nazi volant au secours de la victoire de 33 donnent le ton. Au milieu la montée vers la guerre, Bernie enquête sur le meurtre de plusieurs jeunes femmes. Le voilà au milieu des luttes intestines entre hiérarques du Parti national socialiste des travailleurs allemands (NSDAP).  Philippe Kerr reste centré sur le polar servant ainsi habilement l’Histoire. Herr Gunther se joue, sans éviter totalement les bosses, des jeux de puissance sous la menace permanente du KZ (Konzentrationslager) ou plus simplement de l’accident bête (enfin bêtement mortel).

Berlin, 1938. Obligé de réintégrer la Kripo, Herr Gunther est aux prises avec les plus féroces requins qui rodent aux abords : Goering, Heydrich, Himmler ou Streicher. Il lui faudra toute son habileté et une chance de cocu pour rester en vie.

Berlin puis Vienne en 1947.  Herr Gunther, le prussien, le pifke, se rend à Vienne où se joue la fin de la partie. Les personnages des 2 premiers tomes se retrouvent lors de la dénazification menée par le Crowcass lorsque tour à tour un ancien dignitaire était coopté dans les services secrets ou pendu haut et court. La Guerre Froide a commencé avant que les comptes ne soient réglés. Et voilà notre Herr Gunther enquêtant à la demande d’un officier supérieur russe sur l’assassinat d’un officier américain par un allemand à Vienne en Autriche. Le contexte est posé. Philippe Kerr nous étonnera de nouveau par son talent de raconteur d’histoire et l’équilibre de son jugement des hommes.

En bon Britannique, Philippe Kerr ne manquera pas de rappeler que la France pour faire partie du cortège des vainqueurs n’en avait pas moins perdu la Guerre que nous avions contribué à créer entre autres.

L’auteur, Philippe Kerr, a composé sa Trilogie Berlinoise (Berlin noir) de : L’été de cristal (March violets), La pâle figure (The pale criminel) et Un requiem allemand (A German requiem). Cette trilogie est parue en 1989, 90 et 91 sous le titre original Berlin noir chez Penguin Books a été publié par Le Masque avec une traduction de Gilles Berton en 2008 et révisée en 2009.

 

Lire l'excellente chronique de Mazel : cliquez ici

 

Edition du masque,24€, 2008, 836 pages.

 

Lectori salutem, Pikkendorff

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Vendredi 30 Décembre 20112 commentaire(s)

5 étoiles"Est-ce qu’il ne vaut pas mieux vivre vivant que vivre mort ?"

limonov renaudot"Je commence ce livre pour l’apprendre."  Parti comme un explorateur, Emmanuel Carrère et le lecteur sont absorbés par le sujet, notre Histoire, et nos mains insensiblement se referment sur l’ouvrage que le cœur ne peut refermer.

Œuvre d’historien, de journaliste et d’homme, il aura fallu à Emmanuel Carrère plus que son talent pour venir à bout d’une telle rencontre devenue en chemin une aventure personnelle avec au bout un livre offert en cadeau aux générations d’hier et d’aujourd’hui. Cadeau inclassable comme son auteur et son sujet.

"Limonov, lui, a été voyou en Ukraine ; idole de l’undergound soviétique ; clochard, puis valet de chambre à Manhattan ; écrivain à la mode à Paris ; soldat perdu dans les Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme, vieux chef charismatique d’un parti de jeune desperados.  Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud ; je suspends sur ce point mon jugement."

 

De sa rencontre avec cette légende vivante sortie de Lefortovo sans avoir jamais plié, Emmanuel Carrère, repoussant les préjugés de l’intelligentsia française, parcourt avec sensibilité notre histoire à tous depuis la fin de la seconde guerre mondiale : L’Empire communiste, les bandits et les poètes, les samizdat qui ont vu passer tout ce qui était vivant de Boulgakov à Platonov ; 1962 et la parution d’une journée ordinaire d’un détenu ordinaire dans un camp ordinaire, Krouchtchev a fait naître à la lumière cet ancien zek, Soljenitsyne ; Août 1968, le Printemps de Prague et les huit manifestants sur la Place rouge, Gorby et la Glastnost ; l’effondrement et l’éclatement de l’Empire avec les Yougoslavie, Roumanie, Serbie ; Et puis Poutine… 

"Celui qui veut restaurer le communisme n’a pas de tête.  Celui qui ne le regrette pas n’a pas de cœur."Vladimir Poutine.

Bravo au Jury du Renaudot 2011.

Merci à P.O.L d’avoir édité un tel pari et retrouvez les critiques de Bernard Pivot, de Yasmina Reza, Jérôme Garcin, Christophe One-dit-Biot, JC Buisson, Eleonore Sulser et Sandrine Audrerie encliquant ici.

Retrouver la chronique du livre d’Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne, en cliquant ici.

P.O.L Editeur, 2011, 490 pages, 20€

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Mercredi 28 Décembre 2011Poster un commentaire

4 étoiles

“C’était une louve, une créature primitive qui ne pensait qu’à une seule chose : survivre. Elle courait, courait, le bout de ses bottes s’enfonçaient dans la terre dure ; entre ses mains, la lance pointée sur l’homme…

instinct survie

Appelée en pleine nuit, l’Inspecteur Brynn Mc Kenzie découvre un couple assassiné. Agressée par les deux meurtriers, elle s’enfuit ramassant au passage Michelle, amie des victimes. The body left behind ne doivent pas avoir de témoins vivants…Michelle et Brynn doivent mourir cette nuit.

Jeffrey Deaver agit en chef d’orchestre, magicien de la baguette, jamais il ne nous perd, toujours il nous surprend.

Ruse, piège, contre-ruse.  Hart contre Brynn. Pègre contre Police. Glock contre Couteau. Blackberry contre boussole. Chacun choisit toujours à tour de rôle le meilleur coup, l’option la plus intelligente.

12 heures de poursuite, 350 pages haletantes. Il est impossible de lâcher le livre.

 

Reçu en service presse, ce livre m’a fait passer un excellent dimanche de récupération de cette semaine passée outre-Atlantique.

Paru en 2008 sous le titre original “The bodies left behind cet excellent thriller a été très bien traduit par Jean Esch , (pardonnons cet usage agaçant de perdurer) pour le compte des Editions Les Deux Terres en Novembre 2011 (424 pages, 22,50€)

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Dimanche 13 Novembre 2011Poster un commentaire

4 étoiles

Oyez Havrais, Normands et Français férus d’histoire locale. La dernière édition date de 1876 et la prochaine est d’ores et déjà prévue pour l’automne 2146 ! Qu’on se le dise !

rues havre

Un projet vieux de quatre années vient de voir le jour ! Ça y est, le Dictionnaire historique des rues du Havre est enfin paru ! L'équipe éditoriale, pilotée par Hervé Chabannes, n’est pas peu fière de proposer ainsi l’histoire des Havrais et de leur ville depuis sa fondation en 1517.  Agrémenté d’une présentation historique et largement illustré de plans et de photographies inédite, l’ouvrage promène le lecteur parmi des 3 000 avenues, boulevards, routes, passages, chemins, quais et autres rues et ruelles.

 

Conférences et dédicaces par les auteurs

·        jeudi 1er décembre à 18 h à la Bibliothèque municipale Armand-Salacrou dans le cadre des Babel Sessions ;

·        samedi 3 décembre à 15 h à la librairie La Galerne.

 

Feuilletez quelques pages sur le site des Editions des Falaises

Coédité par la Ville du Havre et les Editions des Falaises, il est en vente au prix de 15 € aux Archives municipales, dans les musées du Havre, dans toutes les librairies de la région voir même en France.

 

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Dimanche 13 Novembre 2011Poster un commentaire

5 étoiles"Des lambeaux de brumes s’écoulèrent eux aussi dans la couleur des flammes, qui, teintés de rose, dessinaient sans fin des motifs inquiétants."

convoi eauAprès cinq jours de marche en montagne, l’avant-garde du progrès débouche face au Hameau aux maisons disposées en escargot autour d’une construction à haut faitage avec la vue incroyable d’"une étendue de pierres tombales absolument inimaginable.[…] Le regroupement commençait là, pour s’étendre en se bousculant sur tout le coté gauche du torrent, s’étirant vers le sud de la vallée avec la même densité, ses extrémités allant jusqu’à grimper la pente naissante de la montagne". Le Village reste immobile refusant tout contact ; restant à distance du Monde du Progrès représenté par ce groupe d’ouvriers et d’ingénieurs venus pour l’argent. Yoshimura place le narrateur dans une situation ambivalente, entre la Modernité et le Village. Celui-ci confiait d’ailleurs : "pour ainsi dire, je fuyais".

Le récit progresse doucement vers sa fin violente inévitable.  Les premiers travaux miniers fragilisent les maisons.  Comme si malgré le refus du contact direct, cette présence de la modernité avait commencé à miner le Village.  Chaque nouveau coup de boutoir provoque une destruction nouvelle qu’immédiatement le Village répare et consolide sans jamais, au grand jamais, se commettre avec les prémisses de la fin de leur monde. Premier face à face. Sans un mot. D’un geste. Le coupable du viol d’une jeune villageoise est dénoncé. La modernité rit et réclame encore du sexe.  Le Village exécute celle qui a été touchée par le mal.  Pureté et ignominie.

"Ignorant nos destructions brutales, le hameau semblait continuer à conserver une vie terriblement paisible. Sur les terres cultivées on voyait des habitants en train de travailler, et on apercevait aussi dans le lointain les silhouettes des personnes âgées bavardant tranquillement sur le chemin de la forêt."

Le Monde des Marchands vient à la rencontre du Village et fait sa première proposition d’indemnisation, d’un montant très faible évidemment, avec seulement trois jours de réflexion.  Les Marchands de retour eurent la surprise de voir leur ignoble marché accepté sans négociation. 

Comment l’argent-Roi aurait pu penser que négocier, eut été pour le Village, une manière plus certaine de mourir à soi ?

 

Cinquante pages encore. Cinquante pages de cette poésie de fin d’un monde. Cinquante pages qui en pèsent cinq cents. Cinquante pages offertes pour qu’il y ait toujours quelqu’un pour regarder au-delà de la crasse du monde. Si loin, si près. "Plus tard, vous étiez si près que j’entendais votre silence, comme, à l’orée de la forêt, écoute, seul, le dernier arbre.  Vous regardiez un point du ciel."( Jules Supervielle – Gravitations)

"La procession ne se dirigeait pas vers le monde civilisé, elle s’enfonçait davantage dans les profondeurs de la montagne.  Sur les sommets, la neige arrivait jusqu’à elle, étincelant tout autour.  Elle s’y enfonçait, comme aspirée par la blancheur."

Soulignons la magnifique traduction de ce récit. Du japonais au français, Yutaka Makino a réussi à transposer une poésie que seuls le travail et le talent peuvent expliquer.

 

Voilà une thématique dans la droite ligne de l’œuvre de Jean Raspail. N’écrit-il pas en 1962 dans Les veuves de Santiago sur l’altiplano péruvien : “Le plus arriéré de ces valets avait plus de noblesse dans sa botte que l’homme des villes dans son cœur desséché”.  Lu avant la tenue de ce blog, son livre Qui se souvient des hommesest un choc pour les âmes bien nées.

 

Je remercie Corinne pour cette lecture exceptionnelle et c'est peu dire. Cela prouve une fois encore que les meilleures lectures viennent de recommendations personnelles.

 

Shinchosha1976, Acte Sud 2009, Babel 2011, 6,50€, 175 pages

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Dimanche 06 Novembre 2011Poster un commentaire

3 étoiles"Entrez et tournoyez dans cette danse.  Surtout, écoutez la musique.  Elle peut être si belle."

vengeancesKiana, la maitresse du Cristal représentante du Songe dans cette réalité, accompagnée de Saaba le mage, de Deroklas boss des LIigs, de Bazaar le maître assassin et de Silah la Main du Songe, va lutter contre Colnor, le mage déchu, surnommé le Cavalier brûlant et ses sbires dont le redoutable Rebal, le chef de la Rose.  Colnor est sur le point de mettre la main sur les quatre Buldoors représentant les pouvoirs des quatre éléments. Si tel était le cas seule la réunification du Cercle des Trois Cornes pourrait sauver le Monde et le Songe.

En quelques lignes bien tournées, Eve Dennels rappelle les principaux faits du premier volume, L’Éveil, si bien que même celui qui ne l’a pas lu peut se lancer à la suite de Kiana.

Ève est une formidable conteuse.  Elle prend des éléments épars ,qui restent ,certes, dans les standards de la Fantasy, et construit habilement un récit prenant avec une langue bien construite tout en restant simple et accessible à tous.  Le domaine du Songe est encore un peu sous-utilisé et je ne serai pas étonné de voir ce très bon concept jaillir lors du dernier volet de la série.

A la fin du T2 la situation est tendue à l’extrême, les rivalités sont exacerbées, de petites luttes des pouvoirs locaux surgissent, la lutte suprême ne peut qu’exploser…

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Site de l’auteur : www.evedennels.com

Thebookedition, 250 pages, 16€

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Dimanche 06 Novembre 20111 commentaire(s)

4 étoiles"Le combat c’est comme le flirt quand on veut aller plus loin, il faut aller plus près."

memoire raidL’auteur des Panthères noires de Bièvres nous revient avec un ouvrage digne des valeurs du RAID. En effet Robert Paturel, Patu pour ses camarades de combat, narre une vingtaine des interventions qui marquèrent les hommes de l’unité.  Au R.A.I.D, à l’image de l’Ovalie, "on ne peut rien faire tout seul et les performances sont amenées par l’équipe".  Que l’auteur soit ou non de l’équipe d’alerte du jour, nous allons donc découvrir des inters racontées par différents intervenants, placés à différents postes, participant chacun à l’action nous offrant ainsi le luxe de regarder des hommes exceptionnels au cœur d’une équipe exceptionnelle.  

Nous regarderons perchés sur les épaules de ces géants ; l’arrestation en 1987 des combattants d’Action Directe qui ont montrés moins de courage face à des guerriers qu’ils n’en avaient eu en abattant dans le dos des hommes désarmés ; les tensions en Nouvelle Calédonie, ce moment où les hommes montrent leurs vrais visages ; les durs moment de la mort au combat de frères d’armes morts ; la Corse et le Pays basque ; les 3 jours en 93 à Neuilly avec le tristement célèbre Human Bomb ; 30 minutes de fusillade à Roubaix face à des islamistes formés au front ; les chiens du RAID intervenir "sans faillir". 

Le livre se termine par une série de touchantes anecdotes et un hommage appuyé aux femmes du R.A.I.D épouses et membres qui chacune participent à l’équilibre de ce groupe de combat.  

Ne seront pas épargnés les lâches et les bisounours de la magistrature, de l’administration et de la politique.  Je n’en prendrai que deux exemples. Les interventions matinales ne sont autorisées qu’à partir de 6 heures ce qui n’a plus de sens quand votre adversaire le lève à 5 heures pour ses prières.  Au mépris de la vie de nos soldats d’élite, le juge fera rarement appel à la loi sur le terrorisme autorisant ne pas faire cas de la règle commune.  La légitime défense telle qu’elle est jugée par la Magistrature, gérée par l’Administration et appréhendée par les Politiques implique que pour suivre la règle "un policier doit éviter de se conduire en homme".  Ces trois milieux d’idéologues, de carriéristes et de ‘’politiciens’’ construisent le malheur de ceux qu’ils sont devraient protéger. Dans les Panthères noires de BièvresRobert Paturel avait déjà démontré l’effet néfaste de la lâcheté de nos élites sur nos quartiers en déshérence.  

"Alors en ce qui me concerne, j’ai adopté des notions toutes personnelles de la légitime défense, partant du principe qu’il vaut mieux être jugé par douze que porté par six".

 

La langue de Robert Paturel, simple et efficace, semble détachée des évènements comme pour mieux laisser le lecteur le soin d’y plonger les yeux et le cœur.

 

Le R.A.I.D à Urban Shield 2009.

Le R.A.I.D est la première équipe étrangère invitée à cet exercice à taille US.

 

 

 

Remercions aussi l’éditeur, la collection Xénophon menée par Alain Senders, sans qui l’ouvrage ferait partie des mémoires perdues.  

La Revue de pressepublie les saluts de M Sarkozy, de Présent, de Karaté Bushido, de Mme Alliot-Marie et de Commando Magazine.  

 

Je remercie tout particulièrement mon ami Stéphane qui m’a obtenu un exemplaire dédicacé de la main de cet homme d’exception.

 

Atelier Fol’fer, collection Xénophon animée par Alain Sanders, 23€, Mai 2011

 

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4 étoiles

"Suivez-moi amis lecteurs ! Ensemble, nous allons remonter le temps.  Mais attention, nous irons peut-être plus loin que vous ne le supposiez…

yrmeline 2

Si la lecture du premier volume, Yrmeline ou le chant des pierres,  est indispensable à la compréhension de l’œuvre 

doggerland

de Bleuette DIOT, il est bien certain que tous ceux qui se passionnèrent pour  la mystérieuse Yrmeline renouvelant notre vision de l’histoire de notre monde depuis 12 000 ans trouveront à juste, raison, leur compte dans la poursuite de l’histoire de l’Histoire.

14ème siècle, dans les Etats baltes, les Teutoniques conquiers le pays par les armes.  L’Ordre chevalier est en fait sous l’influence du Prince noir et il faudra à Yrmeline, Piotr, Lanz et Konwoïon bien de la persévérance pour lutter contre cet ennemi inhumain dans cette geste où règnent amour, passion, violence, fidélité, traitrise et honneur.  

Anshar et Ishtar, le Temple noir et la Confrérie du Serpent, Enkil et Enlil, voilà le nœud de notre Histoire depuis 12 000 ans enfin révélé de manière éclairée par une conteuse de premier plan soutenue par une culture étendue qui nous laisse cois et c’est ébahis que nous voyons défiler devant nous les textes anciens, les langues perdues, les terres englouties, les lampes perpétuelles, la sphère armillaire, le calife Al-Hakim, le Christ…jusqu’au Doggerland, cette terre de la taille de la Californie disparue il y a 10 000 ans probablement à l’origine des légendes celtes et nordiques sur la Cité engloutie (Ys) ou l’Atlantide. 

europe 1300 ne

Bleuette revient en force et apporte une vision renouvelée de ce mystère contés par bien des civilisations humaines. Ne manquez pas de lire ce passionnant deuxième tome part pour la romance et la geste, part pour la suite de l’histoire de l’Histoire.

 

crédit : wwweuratlas.net

.Editions Pierregord , 2011, 320€,10 pages

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Mardi 01 Novembre 20113 commentaire(s)

4 étoiles

“D’énormes cloches bourdonnaient sur un rythme lent et majestueux marquant la fin des ténèbres et le début de la lumière.  Cent-huit coups pour les cent-huit illusions de la vie, chaque coup appelant les hommes et les femmes à réfléchir sur la vanité de leur existence.

pierre sabreEdwin  O Reischauer résume magnifiquement en ces mots La Pierre et le Sabre est plus qu’un grand roman d’aventures.  Il donne en outre un aperçu sur l’histoire japonaise et sur l’image idéalisée que se font d’eux-mêmes les Japonais contemporains.

Entrez dans l’âme du Japon idéalisé grâce à ce roman d’aventures et d’amour comparable aux Trois mousquetaires ou à Autant en emporte le vent.  Le chemin initiatique de Miyamoto Musachi(1584-1645), célèbre sabreur du tournant du 17ème met en scène l’histoire du Japon au moment de l’instauration de la dictature militaire de Torugawa qui enferma le pays pour plusieurs siècles.  Ce moment particulier du Japon est parfaitement respecté par Elji Yoshikawa tant pour les batailles, les personnages principaux, les écoles d’arts martiaux que pour la description de la mutation sociale du rôle des samouraïs.

Grâce à ce roman historique, cette épopée, cette quête initiatique, les Occidentaux peuvent accéder à une part de l’imaginaire nippon. Ouvrez-le ! Entrez dans cette saga de l’autre bout du monde l’esprit ouvert.

A noter que la Pierre et le Sabre paru pour la première fois en feuilleton de 1935 à 1937, a été tiré à 120 millions d’exemplaires et fut porté 7 fois à l’écran sans compter les séries télé.

Découvrez Chronique japonaise de Nicolas Bouvier cliquez ici

Edition J’ai lu, 2011, 9,90€, Traduction de Léo Dilé, 856 pages

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Dimanche 30 Octobre 2011Poster un commentaire

3 étoiles

“C’était avenant comme un caveau de famille, et il y faisait un tout petit peu plus froid.

diamants archiduc

Promenade à Quimper.  Son centre historique, entouré de ses remparts, longé par l’Odet recueillant les rares pluies bretonnes. Prenons un café à la plus ancienne brasserie de Bretagne : le café de l’Epée.

Mary Lester, fraichement émoulue de l’école de police rentre au pays.  A la terrasse du bar de des Halles se présente le mystère en la personne de l’Archiduc, curieux clochard pochetron et poète, à la barbe pouilleuse et aux yeux bleus scintillants d’une vive intelligence.  En l’absence du commissaire Fabien, le placide inspecteur-chef Bredan la laisse de côté.  Aussi Mary emploie son temps et sa naturelle curiosité à fouiner dans les archives du Télégramme de Brest et de l’Ouest.  Interrogeant son compagnon de bureau, l’inspecteur Fortin, sur une vieille affaire, tout s’emboite et ….

Je retrouve dans ce deuxième volume, l’atmosphère délicieuse découverte cet été dans le Troisième œil du professeur Margerie.  Sensibilité, délicatesse, humour accompagnent un travail soigné.   

Editions du Palémon, 1998, 168 pages, 8€.

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Dimanche 30 Octobre 2011Poster un commentaire

3 étoiles

Au bout d’une seule journée de boulot sur le dossier, l’une des dernières figures de la pègre en Ohio se tenait dans ton salon. Cela ne t’a pas suffi comme panneau DANGER ?

heure silence

Voici un honnête roman policier avec le sympathique détective privé, Lincoln Perry, acceptant d’enquêter sur l’inquiétante disparition des époux Cantrell.  Immédiatement cette piste froide de douze années se révèle particulièrement dangereuse et les bas-fonds de la Little Italy de la froide et humide Cleveland montrent les dents.

Un polar blues à écouter au son de Cold trail blues (Peter Case) qui,

peter case

 avec 6 ou 7 accélérations rythmiques au gré des révélations qu’il ne sied pas de développer ici, entretient un suspens captivant.

Une belle maitrise technique, des personnages riches et une histoire complexe bien traduite par Frédéric Grellier.

Sortant tout juste du merveilleux roman littéraire d’Akira Yoshimura, “Le convoi de l’eau, il me fallut une demi-heure pour m’habituer au style personnel de Michael Koryta avec ses phrases courtes et hachées. Et puis je me laisse emporter par cet agréable voyage.

 

Juty Polar

Paru en 2009 sous le titre original “The silent hour, traduit par Frédéric Grellier.  J’ai lu ce roman dans le cadre du concours du Policier Seuil de BABELIO

Edition du Seuil, Policier, 2001, 21,50€, 362 pages

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Samedi 29 Octobre 2011Poster un commentaire

1 étoile“Mais le souvenir se dissipa aussitôt, tel un bateau qui sombre à une vitesse terrifiante.

intrusionJe viens de fermer l’extraordinaire Chronique japonaise de Nicolas Bouvier.  Le choc est terrible.  Le manque de respect du lectorat criant.  Le manque de travail évident. Un roman à l’image de cette faible et pompeuse phrase-titre.  Vendu trompeusement comme tenant du genre Policier, certes plus vendeur, ce roman psychologique pour névrosés est une vaine tentative de description des sentiments agitant les deux partenaires d’une relation adultère ainsi que leurs familles respectives.

Dès la première page l’auteur nous assène 10 mots chocs en dix lignes : cauchemar, épouvantée, sinistre affreusement, sombre, terrifiant, désespérée, naufrage… Procédé bien malhabile.  Les premières pages désenchantent rapidement le lecteur tant l’écriture est lourde.  Le manque de travail sur le texte est criant.  Natsuo Kirino n’a pas effectué ce nécessaire travail de polissage de la première inspiration logiquement décorée de redondances et de poncifs.  Comme dit l’écrivain en page 25 “Les véritables hommes de lettres ont disparus.

Et pourtant les 25 pages du monologue vivant et personnel de Motoko démontrent un talent littéraire toujours présent.

La traduction ? L’on pourrait critiquer le traducteur, certes.  Mais Traduttore, traditore.  Le texte initial manquant de polissage et n’ayant de policier que la première de couv’, Claude Martin ne pouvait décemment pas réécrire un roman.   

 

Juty Polar

Et à mi-chemin, le livre me tombe des mains.  Un autre roman m’attend.  Un autre monde…

 

Edition du Seuil, traduction Claude Martin, 2011, 275 pages, 20€  

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Mardi 25 Octobre 2011Poster un commentaire

5 étoiles"Quand ce qui se passe sous nos yeux même donne lieu aux rumeurs les plus trompeuses, à plus forte raison en est-il ainsi dans le cas d’un pays situé par-delà huit épaisseurs de nuées blanches." Ueda Akinari (1732-1809)

chronique japonaiseActeur, Observateur, Voyageur attentif, éternel étonné, Nicolas Bouvier entrouvre la porte du Japon à celui qui, comme lui, dialogue avec son cœur avant sa raison comprenant l’indicible sans avoir nul besoin de juger, de comparer, de classer en catégories ; en un mot d’être Socrate avant d’être Descartes. 

"…Le froid, le poids du froid, son importance dans la vie ici : il entre du grelottement dans la musique japonaise, quant aux arbres ! ces branches tordues, anguleuses, comme s’ils avaient des crampes, comme si le froid s’en était mêlé.  Et toutes ces attitudes du corps qui frappent dans le théâtre ou dans l’estampe : gestes étriqués, ramenés à soi, qui ont pour seuls but d’empêcher la chaleur du corps de s’enfuir…"

 

Prose souvent poétique et toujours juste, cette magnifique plume sert une fresque vivante introduisant à un questionnement sur l’âme japonaise au-delà de son insularité et des préjugés.

 

"La façon dont un peuple explique son existence en apprend parfois aussi long que celle dont il la vit."

En une centaine de pages, la première partie nous emmène dans cette cosmogonie bizarre expliquant comment les Japonais sont descendus sur terre, s’octroyant au passage une origine divine, et comment le 11 Février de l’an 660 (avant JC) Jimmu Tenno, le premier empereur de la lignée humaine acheva la conquête du Yamato et fondit l’État Japonais. C’est avec un plaisir non dissimulé que nous suivrons les péripéties de l’histoire et des légendes qui firent des Japonais ce qu’ils sont en passant par les relations tumultueuses avec la Chine qui exporta entre autres choses son écriture et Bouddha les adaptant aux Kami et au Shinto. Puis Portugais, Hollandais, Jésuites et Franciscains, commerce et religion, eurent tous leur part d’histoire avant le repli de l’Île sur elle-même au début du XVIIème avec la Pax Tokugawa. Le 11 février 1853, date symbolique s’il en est, les canons des navires américains mouillés dans la baie d’Edo (Tokyo) ouvrent le pays emmenant à sa suite Russes et Européens. L’Empereur Matsuhito ouvre l’ère Meiji (gouvernement éclairé).  En un tournemain les édits rétrogrades sont abolis, les fiefs féodaux remis à la couronne et la Restauration commence.  Une incroyable épopée pendant laquelle les Japonais vont rechercher le savoir, le recopier et l’appliquer.  La guerre, la bombe…La fin de l’ère Meiji. 

Une nouvelle ère s’ouvre par le travail commandé par l’administration américaine à une anthropologue Ruth Benedict : Qui sont les Japonais.  Le Chrysanthème et le sabre fera autorité et apporta beaucoup aux deux nations.  

"S’il l’on ne peut plus guère progresser aujourd’hui dans l’art de se détruire, il y a encore du chemin à faire."

 

La deuxième partie est plus personnelle.  Nicolas Bouvier nous emmène au Japon intime avec les pieds et parfois le train.  1956, l’année du Singe, il vit de rien au cœur du quartier Araki-Cho à six stations de train du Palais Impérial. "En attendant que la chance tourne, je m’en tire avec soixante yens (un francs français) par jour : dix de blanchisserie (important), vingt-trois pour le bain public (indispensable), dix de pain, dix de lait et un œuf (pesé) à sept yens lorsque j’en trouve un suffisamment petit".Je commençais à savoir manger à la japonaise. Ces quelques pages de rencontres improbables nées du dénouement partagé marquent le lecteur plus que bien des livres de philosophie.

1964, l’année du Dragon, Nicolas Bouvier s’établi à Tokyo son Japon a été modernisé, ses plaies effacées.  Le voyageur à l’œil de faucon reprend sa marche. Et nous voilà partis sur la piste du ZEN, de Bouddha, du TAO bref de cet Orient qui attire toujours et encore. Loin de moi l’idée d’expliquer quoi que ce soit car il est de tradition de préférer, pour succéder au maître, le jardinier qui ne savait rien au prieur qui en savait trop. Puis Hokkaïdo, le chemin du Nord, Aïnous et Giliak auraient fait le bonheur de Jean Raspail après des Alakalufs.  L’on pourra relire avantageusement Techkov et son Ile de Sakhaline.

 

Êtes-vous des Voyageurs ?

"L’argent manquant, peut-être va-t-il s’animer un peu ce voyage ! Toujours – sauf au bordel- on paie pour que rien n’arrive, pour ne pas dormir à la belle étoile, pour ne pas partager les récits, les délires et les puces d’un dortoir de dockers, pour poser ses fesses – je l’ai fait avant-hier par fatigue – sur le velours inutile d’un compartiment face à des usagers que l’éducation a rendus trop timides pour qu’ils n’osent ou qu’ils daignent vous adresser un mot."  

 

Petite bibliothèque Payot, 255 pages, 9€ et des heures de rêves

 

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Mardi 11 Octobre 2011Poster un commentaire

3 étoiles"Cet homme n’était pas venu en mélomane, il était venu en assassin."̋

via vaticanaGal Knobel, violoniste et agent secret, lancé à la recherche du secret de fabrication des Stradivarius, se trouve mêlé, une fois de plus, à un imbroglio que seule l’imagination d’Igal Shamir saurait concevoir et son talent d’exposer de manière limpide.

̏Il s’agit du 42ème poème de Michel-Ange.  Quel pourrait être le lien entre Michel-Ange et le secret de fabrication des Stradivarius?̋  D’autant que Michel-Ange sort de scène en 1564 et Antonio Stradivari apparait en 1644 !    ̏Trouver le secret de la chapelle Sixtine pour percer celui du Stradivarius…Non mais tu te rends compte?̋

A l’image de son créateur, Gal Knobel est d’abord un homme multiple, curieux et prêt à I’ imprévisible.  Parce que tout de même découvrir, à la fin de son récital, dans sa loge, le cadavre de sieur Goffriller, le descendant des célèbres facteurs de violon, en scotcherait plus d’un. Que nenni ! Et voilà notre héros sur la piste des Stradivarius.  S’en mêle la Mafia, normal nous sommes en Italie.  Mais que vient faire dans cette histoire le Vatican ? Et les services secrets israéliens?  

Paris, Jérusalem, Rome, Venise, Naples…voilà un thriller tour-opérateur reposant sur une documentation solide, un scénario ficelé et une écriture dynamique.

Je regretterai pour ma part la monomanie de l’auteur qui fait, avec le plus grand sérieux, du  ̏Vatican, un repaire de sympathisants du Troisième Reich̋. Et j’ai apprécié particulièrement la citation d’O.L. Barenton : ̏il ne faut jamais oublier de prévoir l’imprévu.̏

A propos d’Igal Shamir : né en Palestine, pilote de chasse, agent secret, il est un violoniste de renommée internationale.

Merci à Shamira de ce choix de lecture judicieux.

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Dimanche 09 Octobre 2011Poster un commentaire
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