• Petit déjeuner chez TiffanyD'accord, ce n'est pas un bouquin bien récent. Mais il figure parmi ce qui se fait de mieux. Pourtant, je ne suis pas une inconditionelle de Capote. Son "De sang-froid" m'avait ennuyé à périr. En revanche, celui-là, quel délice!

    Parce que tout y est: d'abord, il y a les personnages. L'héroïne, bien sûr. L'insaisissable et excentrique Holly Golightly, véritable animal sauvage, comme elle se décrit elle-même: "On ne peut pas s'attacher à une bête sauvage. Plus vous le faites et plus elle reprend des forces jusqu'à qu'elle en ait assez pour retourner dans les bois ou grimper à un arbre, puis à un arbre plus haut, et finalement c'est le ciel". Autpur de cette tornade gravitent des éléments calmes (le narrateur) et une faune interlope, celle des milieux fêtards, équivoques et très superficiels de la nuit new-yorkaise.

    Le récit, écrit à la première personne, est vivant, drôle, truffé des commentaires acides de cette langue de vipère qu'était Capote. Qui donc a bien pu lui servir de modèle dans sa description de Rusty Trawler, le milliardaire homo refoulé? "C'était un enfant d'une cinquantaine d'années qui n'avait jamais éliminé sa graisse de bébé, bien qu'un tailleur de génie eut à peu près réussi à camoufler un derrière rebondi qui appelait les fessées".

    Le talent de Capote, c'est aussi de savoir camper une ambiance, un personnage, en quelques coups de pinceau: " La pièce dans laquelle nous nous tenions debout parce qu'elle ne comportait rien pour s'asseoir donnait l'impression que l'on venait tout juste d'y emménager. On s'attendait à y respirer une odeur de peinture fraîche. Des valises et des caisses d'emballage vides en constituaient le seul mobilier. Les caisses servaient de table, l'une pour préparer les martinis, l'autre pour une lampe, un tourne-disque portatif, un téléphone, le chat écaille de Holly et uen coupe de roses jaunes."

    En fait, tout le charme du roman tient en ces quelques lignes. Une ambiance de bohème, de lendemain incertain, sans rien de glauque, bien au contraire. Les pointes de tristesse sont soigneusement habillées d'ironie, c'est tout l'art de Capote. A lire dans modération.


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  •  Rien, de Emmanuel Venet     De quoi parle ce livre ? Et bien de Rien ! Je plaisante, quoi que ... Il raconte bien quelque chose, mais au final on peut en ressortir en se disant qu'il ne nous parlait de rien. Vous savez comme lorsque vous discutez pendant des heures avec quelqu'un et que lorsque plus tard on vous demande de quoi vous parliez, la première réponse qui vous vient est : "de rien". Car au fond, c'est le cas. Sur le moment l'échange a été intense et chargé, mais qu'en reste-t-il quelques minutes/heures plus tard ? Rien. Rien qui ne nous marque à jamais, rien de transcendant. En y repensant, on s'égare, on change d'avis, ou bien on y repense pas du tout. 
          Ce livre commence sur une question : "A quoi tu penses ?". Question cent fois répétées. L'auteur nous emmène donc à sa suite, dans le fil de ses pensées. Bien sur en réalité, il ne s'écoule que quelques minutes, mais il faut beaucoup plus de temps pour transcrire toutes ces pensées sur papier.

           L'écriture est donc dense, il n'y a pas de chapitre. Tout s'enchaine, sans cesse, ce qui fait que parfois le texte en devient oppressant, et il faut poser le livre, et s'évader dans ses propres pensées et se retrouver un peu soi-même.
     
           Dans ces pensées l'auteur fait un petit point sur sa vie, et ne peut s'empêcher de la comparer à celle de Jean-Germain Gauchet. On y apprend ainsi toute la vie de cet homme, que l'auteur analyse un petit peu. Cet homme est un homme banal, mais bien choisi pour la démonstration, il faut bien avouer.
           Si le texte parait bien pensé et bien construit au début, notamment lorsqu'il traite de la vie de Jean-Germain, sur la fin il devient moins fluide plus brouillon, lorsque les pensées personnelles de l'auteur prennent le dessus. Est-ce parce qu'au bout d'un moment, j'ai saturé d'être dans la tête d'un autre ? Ou est-ce dû au fait de l'écart total entre les sujets abordés, qui sont contemporains tandis que Jean-Germain est d'une autre époque ? Et-ce dû aux tentatives de prise de position de l'auteur sur des problèmes de notre société actuelle ? Est-ce dû au fait que l'auteur règle ses comptes avec un de ses collègues ? Et ce en répétant dix fois les mêmes choses sur plusieurs pages ? 
     
           De ce fait, ce livre me laisse une impression mitigée. J'aime bien l'idée de base : "A quoi tu penses ?" - déroulement de pensées - réponse. Mais je suis moins convaincue de la façon dont l'auteur a exploité son idée et fait ses choix. Cependant j'aime beaucoup la façon dont est racontée l'histoire de Jean-Germain Gauchet. Mais une fois le livre refermé, je me suis dit : "Mouais" et je n'ai pas été fâchée de passer à autre chose. 

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  • Michel Quint - Effroyables jardinsEffroyables jardins, le titre me disait quelque-chose.

    Après l'avoir lu, je me suis rappelé qu'un film a été fait, adapté de ce roman. Une histoire très touchante d'un enfant qui ne comprend pas pourquoi son père se ridiculise en s'habillant toujours en clown, jusqu'au jour où il apprend une histoire sur son père.

    Une histoire qui remonte à la guerre et qui pour le coup, n'a rien de drôle. Très bel ouvrage bien qu'il soit assez court (moins de 80 pages).

    Attention à la larmichette en le lisant !

     


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  • Le tome 3, le tome où on apprend et comprend tant de choses, sur les parents d'Harry mais aussi celui où à mon sens il y a le plus de rebondissement. J'adore tous les personnages mis en avant dans ce tome, mais surtout les nouveaux le Professeur Lupin, et Sirius Black surtout Sirius Black d'ailleurs.

    J'aime la manière dont Harry va apprendre la défense contre les forces du mal avec le professeur Lupin, sa manière dont il dit : "Spero Patronum", le Patromum, l'histoire à travers ce Patronum.

    Mais aussi les gadgets magiques du tome 3, le collier Retourneur de Temps d'Hermione que je trouve sublime soit dit en passant, et  La carte du Marauder des jumeaux Weasley.

     

     


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  • Johan Theorin est un de mes auteurs nordiques favoris. Après l’automne dans  L’heure trouble, voici la deuxième saison sur l’île d’Öland, dans la Baltique, au sud-est de la Suède. Cette fois, l’hiver arrive et il s’annonce rude. Pour Joakim Westlin tout d’abord, confronté à un drame dont il ne se remet pas. Je suis obligée de rester vague, dans votre intérêt… bien sûr !


    Pour une bande de cambrioleurs qui écument la région à la recherche d’objets à revendre, les premiers froids ne facilitent pas non plus les choses. Pour la nouvelle recrue de la police locale, Tilda, les problèmes personnels s’ajoutent à un différent avec un collègue. Seul Gerlof, que vous reconnaîtrez si vous avez lu L’heure trouble, est égal à lui-même et il est plutôt astucieux, ma foi.
    Un vieux manoir ayant servi d’habitation aux gardiens de deux phares qui veillent sur la côte, des ombres et des bruits étranges, des recoins ignorés de tous ou presque, des tableaux disparus, des ancêtres morts dans des conditions dramatiques, des secrets de famille, les ingrédients sont presque ceux d’un roman de Daphné du Maurier et pourtant, l’atmosphère créée par Johan Theorin lui est bien particulière. Le paysage, les éléments (déchaînés, comme il se doit, vous n’ignorerez plus rien sur le phénomène du blizzard) ont beaucoup d’importance dans les romans de cet auteur suédois, ainsi que les évènements passés et enterrés qui ne se laissent pas facilement oublier…


    La structure parfaite, avec un rythme plus rapide que le roman précédent, les personnages attachants, en font un très bon roman : je l’ai dévoré, car même en anglais, la langue en est très fluide, poétique mais facile à lire. Un beau coup de cœur !


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