• Mille soleils splendides de Khaled HosseiniKhaled Hosseini est un auteur qui me tracasse. J'ai lu les Cerfs Volants de Kaboul, je viens d'achever Mille soleils splendides. Et là encore, je suis partagée.

    Ce serait facile de le critiquer, de moquer son style plat, la construction naïve de ses récits qui donnent parfois dans le Marc Levy ou le Douglas Kennedy. C'est vrai qu'il a tendance à forcer la dose de Kleenex, qu'il y a des paragraphes d'une niaiserie absolue et que les deux bouquins sont formatés pour une adaptation made in Hollywwod, sans besoin d'un scénariste...C'est vrai, dans les livres de Hosseini, il y a tout celà.

    Mais il y a un homme qui aime son pays, l'Afghanistan. Et qui sait nous la décrire et nous la faire revivre, telle qu'elle était avant que les talibans ne la défigurent. Il y a des personnages attachants, même si ils se noient parfois dans la guimauve.

    Celà suffit à en faire un livre. Est ce de la littérature, pour autant? Sûrement pas. Mais en tout cas, une idée de cadeau pour la belle soeur qui ne lit qu'une fois par an...


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  • Corpus Equi, de Diane Ducret      Voici un autre livre de la rentrée littéraire. J'aime assez le format allongé du livre, cela lui donne une certaine élégance, renforcée par la sobriété de la couverture.


           Ce livre retrace l'histoire d'une femme et de son amour pour un cheval Zascandyl. Nous les suivons depuis leur prime jeunesse : nous assistons à leur première rencontre, à leur acceptation mutuelle, et observons comment ils grandissent ensemble.  C'est une relation très forte qui se crée entre eux et qui les mènera loin sur les chemins de  la compétition, jusqu'à ce que tout bascule pour elle. Un accident est si vite arrivé, la voici estropiée, ne pouvant plus marcher sans aide, ne pouvant plus remonter à cheval. Et lorsque son seul soutien, s'envole vers le paradis des chevaux elle se retrouve seule avec votre douleur. Mais il lui faut se reconstruire, aller de l'avant, et un jour, peut-être, revenir à la vie, la vraie.


          L'auteur a choisi d'intégrer à chaque chapitre des anecdotes historiques ou légendaires, qui unissent de façon très forte un humain à son cheval. Ce, afin de mieux mettre en lumière la relation si intense de la jeune femme et de Zascandyl. L'idée est assez bien trouvée et est très instructive.


          Ce texte est avant tout, une ode aux équidés, et il touchera principalement tous les fous de chevaux et d'équitation. N'ayant pas cet amour inconditionnel pour les chevaux, je suis restée assez insensible à cette relation qui je ne comprends pas vraiment. Mais si vous aimez votre cheval plus que tout, ce livre est pour vous ! 
         La plume de l'auteur est belle et se lit bien, mais j'avoue avoir été ravie de refermer le livre, car personnellement, cette histoire ne m'a rien apportée. 


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  • Petit déjeuner chez TiffanyD'accord, ce n'est pas un bouquin bien récent. Mais il figure parmi ce qui se fait de mieux. Pourtant, je ne suis pas une inconditionelle de Capote. Son "De sang-froid" m'avait ennuyé à périr. En revanche, celui-là, quel délice!

    Parce que tout y est: d'abord, il y a les personnages. L'héroïne, bien sûr. L'insaisissable et excentrique Holly Golightly, véritable animal sauvage, comme elle se décrit elle-même: "On ne peut pas s'attacher à une bête sauvage. Plus vous le faites et plus elle reprend des forces jusqu'à qu'elle en ait assez pour retourner dans les bois ou grimper à un arbre, puis à un arbre plus haut, et finalement c'est le ciel". Autpur de cette tornade gravitent des éléments calmes (le narrateur) et une faune interlope, celle des milieux fêtards, équivoques et très superficiels de la nuit new-yorkaise.

    Le récit, écrit à la première personne, est vivant, drôle, truffé des commentaires acides de cette langue de vipère qu'était Capote. Qui donc a bien pu lui servir de modèle dans sa description de Rusty Trawler, le milliardaire homo refoulé? "C'était un enfant d'une cinquantaine d'années qui n'avait jamais éliminé sa graisse de bébé, bien qu'un tailleur de génie eut à peu près réussi à camoufler un derrière rebondi qui appelait les fessées".

    Le talent de Capote, c'est aussi de savoir camper une ambiance, un personnage, en quelques coups de pinceau: " La pièce dans laquelle nous nous tenions debout parce qu'elle ne comportait rien pour s'asseoir donnait l'impression que l'on venait tout juste d'y emménager. On s'attendait à y respirer une odeur de peinture fraîche. Des valises et des caisses d'emballage vides en constituaient le seul mobilier. Les caisses servaient de table, l'une pour préparer les martinis, l'autre pour une lampe, un tourne-disque portatif, un téléphone, le chat écaille de Holly et uen coupe de roses jaunes."

    En fait, tout le charme du roman tient en ces quelques lignes. Une ambiance de bohème, de lendemain incertain, sans rien de glauque, bien au contraire. Les pointes de tristesse sont soigneusement habillées d'ironie, c'est tout l'art de Capote. A lire dans modération.


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  •  Rien, de Emmanuel Venet     De quoi parle ce livre ? Et bien de Rien ! Je plaisante, quoi que ... Il raconte bien quelque chose, mais au final on peut en ressortir en se disant qu'il ne nous parlait de rien. Vous savez comme lorsque vous discutez pendant des heures avec quelqu'un et que lorsque plus tard on vous demande de quoi vous parliez, la première réponse qui vous vient est : "de rien". Car au fond, c'est le cas. Sur le moment l'échange a été intense et chargé, mais qu'en reste-t-il quelques minutes/heures plus tard ? Rien. Rien qui ne nous marque à jamais, rien de transcendant. En y repensant, on s'égare, on change d'avis, ou bien on y repense pas du tout. 
          Ce livre commence sur une question : "A quoi tu penses ?". Question cent fois répétées. L'auteur nous emmène donc à sa suite, dans le fil de ses pensées. Bien sur en réalité, il ne s'écoule que quelques minutes, mais il faut beaucoup plus de temps pour transcrire toutes ces pensées sur papier.

           L'écriture est donc dense, il n'y a pas de chapitre. Tout s'enchaine, sans cesse, ce qui fait que parfois le texte en devient oppressant, et il faut poser le livre, et s'évader dans ses propres pensées et se retrouver un peu soi-même.
     
           Dans ces pensées l'auteur fait un petit point sur sa vie, et ne peut s'empêcher de la comparer à celle de Jean-Germain Gauchet. On y apprend ainsi toute la vie de cet homme, que l'auteur analyse un petit peu. Cet homme est un homme banal, mais bien choisi pour la démonstration, il faut bien avouer.
           Si le texte parait bien pensé et bien construit au début, notamment lorsqu'il traite de la vie de Jean-Germain, sur la fin il devient moins fluide plus brouillon, lorsque les pensées personnelles de l'auteur prennent le dessus. Est-ce parce qu'au bout d'un moment, j'ai saturé d'être dans la tête d'un autre ? Ou est-ce dû au fait de l'écart total entre les sujets abordés, qui sont contemporains tandis que Jean-Germain est d'une autre époque ? Et-ce dû aux tentatives de prise de position de l'auteur sur des problèmes de notre société actuelle ? Est-ce dû au fait que l'auteur règle ses comptes avec un de ses collègues ? Et ce en répétant dix fois les mêmes choses sur plusieurs pages ? 
     
           De ce fait, ce livre me laisse une impression mitigée. J'aime bien l'idée de base : "A quoi tu penses ?" - déroulement de pensées - réponse. Mais je suis moins convaincue de la façon dont l'auteur a exploité son idée et fait ses choix. Cependant j'aime beaucoup la façon dont est racontée l'histoire de Jean-Germain Gauchet. Mais une fois le livre refermé, je me suis dit : "Mouais" et je n'ai pas été fâchée de passer à autre chose. 

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  • Michel Quint - Effroyables jardinsEffroyables jardins, le titre me disait quelque-chose.

    Après l'avoir lu, je me suis rappelé qu'un film a été fait, adapté de ce roman. Une histoire très touchante d'un enfant qui ne comprend pas pourquoi son père se ridiculise en s'habillant toujours en clown, jusqu'au jour où il apprend une histoire sur son père.

    Une histoire qui remonte à la guerre et qui pour le coup, n'a rien de drôle. Très bel ouvrage bien qu'il soit assez court (moins de 80 pages).

    Attention à la larmichette en le lisant !

     


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