• critique du roman Madeleine, d'Amanda SthersMadeleine est pour moi une bonne découverte.

    C'est typiquement le genre de récit torturé que j'affectionne. La mélancolie et la tristesse qui ressort de ce roman est à l'image du ciel breton, gris et pluvieux. Le style est clair, très simple, mais efficace.

    Une belle histoire touchante, qui sent bon la mer salée et qui donne envie à chaque page de réconforter ces personnages. Dommage cependant qu'une fois de plus, tout tourne autour de scènes crues...

    Je ne comprends toujours pas pourquoi les auteurs contemporains s'obstinent à ça!


    votre commentaire
  •  

    livre de Patrick Deville, avec Peste & CholéraPatrick Deville, avec Peste & Choléra (Prix Femina 2012), écrit sans se soucier de la chronologie, un roman foisonnant sur la liberté, une enquête déroutante sur la vie du quasi oublié Alexandre Yersin, à la fois grand voyageur et découvreur, qui cartographiera le premier l’intérieur des terres indochinoises, tiendra à jour ses découvertes sur des carnets, découvrira le bacille de la peste et son vaccin et fera notamment construire un institut Pasteur à Nha Trang (aujourd’hui au Vietnam).

    De cet auteur, nous conseillons également Kampuchéa, son précédent roman au Seuil, où le narrateur nous embarque sur les traces de Henri Mouhot (avec au bout Les Khmers rouges) en remontant le fleuve Mékong, depuis son delta jusqu’aux frontières de la Chine.

    Il y aussi un projet littéraire beaucoup moins connu de Patrick Deville que nous aimons beaucoup. Il s’agit de Vie et mort sainte Tina l’exilée (publie.net). Toujours en utilisant ses propres méthodes d’investigations et de restitution, l’auteur entreprend ici de raconter la vie de Tina Modotti, une femme qui en une moitié de XXe siècle a connu un destin exceptionnel (tour à tour ouvrière, couturière, mannequin, comédienne puis figurante à Hollywood, photographe et militante révolutionnaire…).

    Exilée aux Etats-Unis à la veille de la première guerre mondiale, cette femme originaire du Frioul sera sensible à la révolution mexicaine, s’y installera, deviendra l’égérie de Diego Rivera, recevra les jeunes artistes de l’époque (Manuel Alvarez Bravo, Frida Kahlo…), retournera en Europe pour prendre part à la Guerre d’Espagne et sera mêlée à quelques scandales et procès.

    Ce récit, outre son sujet et son traitement, mêle également les outils actuels puisqu’il contient plus de 160 liens Wikipedia qui le transforment en une aventure numérique vertigineuse.

     


    votre commentaire
  •  

    ais sur le roman Poreuse  de Juliette Mézenc Après avoir publié Sujets sensibles il y a 3 ans, publie.net vient de mettre en ligne un nouvel ensemble de Juliette Mézenc intitulé Poreuse, un récit polyphonique et labyrinthique, ludique et pensé. Bien que ce récit offre la possibilité d’une lecture non linéaire, les gardes-fous sont ici assez maîtrisés pour que chacun de nous puisse se faire sa propre histoire à partir des fragments écrits par Juliette Mézenc sans avoir l’impression d’être face à un amas de textes.

    Il y aurait donc, si nous voulions insister, autant d’histoires possibles qu’il y aurait de lectures. Les hyperliens permettent cette exploration, cette aventure, avec possibilité d’avancer, de prendre une autre histoire en cours ou bien de revenir en arrière. Très vite vous comprendrez qu’il y a là trois personnages.

    Ce sont eux que vous suivrez. Au-delà du côté ludique et technologique, au-delà de la prise de risque et de l’inventivité, on est bien ici dans un beau projet littéraire où l’écriture ciselée et le sujet (avec tonalités sensibles, cyniques et politiques) méritent d’être salués. Deux extraits ci-dessous pour vous donner une idée de ce projet. 


    votre commentaire
  •  

    Michel Foucault  - les mots et les chosesDans son livre les mots et les choses , Il définit ces "conditions du discours" par le mot "épistémologie", étymologiquement proche de la notion d'épistémologie. Foucault analyse ici les différentes transformations des sciences. Ceux de la langue : la grammaire générale évolue vers la linguistique. Celles de la vie : l'histoire naturelle se tourne vers la biologie. La science de la richesse correspond à une mutation de l'épistéme dont est née l'économie moderne. Dans un autre ouvrage , Surveiller et punir , il définira l'épistémé du pouvoir bio-politique à l'ère moderne.

     

    La notion d'épistéme chez foucault

     

    Episteme est ainsi confronté à l'histoire des idées, à l'histoire des sciences, il est l'objet et le résultat d'une élaboration conceptuelle où "archéologie" remplace "histoire"

    C'est à partir de ce concept d'épistéme, et de sa relation avec l'archéologie, que Foucault s'affirme comme le penseur de la discontinuité historique, le penseur de la rupture. Certes Foucault rejette clairement toute l'histoire continue et progressive, mais son travail ne consiste pas à s'opposer à l'histoire des sciences, des idées (même si celles-ci doivent être relativisées et critiquées), c'est plutôt à Foucault de tenter de s'écarter, de risquer sa pensée en introduisant le sens de la conscience même du détachement que l'on peut percevoir de notre propre pensée.

    Foucault définit également l'œuvre comme " ce qui est susceptible d'introduire une différence significative dans le champ de la connaissance, au prix d'une certaine pénalité pour l'auteur et le lecteur, et avec la récompense possible d'un certain plaisir, c'est-à-dire, d'un accès à une autre figure de vérité

     

     


    votre commentaire
  • avis sur Au secours pardon de Frédéric BeigbederC'est le premier livre que je lisais de Beigbeder et au vu de la critique ambiante, ce livre ne m'inspirait pas trop... 

    Au final, c'était un peu mieux que ce que je ne le pensais, même si ce livre ne restera pas pour moi dans les annales. On peut retenir 4 mots-clés pour ce récit: sexe, drogue, violence et jolies jeunes filles, qui en font une histoire que l'on pourrait qualifier de trash. Le bon côté de la chose c'est que Beigbeder, en profite pour faire une critique acerbe du monde de la mode et de la publicité. C'est  un récit qui fait froid dans le dos quand on pense à toutes ces jeunes adolescentes, qui sont recrutées dans le seul but de satisfaire notre société de consommation et de tentation.

    Mais voilà le récit tombe un peu plat, trop manichéen à mon goût, avec une fin un peu trop facile.

    Dommage!


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires